Face à l’accumulation par le Trésor des arriérés auprès des sociétés pétrolières et d’électricité et aux risques que la dégradation de leur situation financière fait peser sur la sécurité de l’approvisionnement du pays, les autorités ont imaginé un montage «innovant» qui déroge au principe de l’unicité des caisses prévu dans le droit budgétaire. Ainsi, le gouvernement appliquera à partir du lundi 16 juin, une taxe de 1 cédi (environ 0,097 dollar) sur chaque litre de carburant vendu à la pompe, en vertu d’un accord entre les distributeurs de carburants et l’administration fiscale
Ces ressources vont alimenter un fonds de remboursement de la dette des opérateurs pétroliers et des sociétés d’électricité, des impayés accumulés par l’Etat en raison de retards de paiement, de subventions mal compensées et de déséquilibres tarifaires.
La mesure, dont la mise en œuvre sera assurée par les distributeurs membres de la Chambre des compagnies de commercialisation de produits pétroliers (COMAC), avec l’appui du ministère des Finances, vise l’allègement des charges pesant sur le budget du Ghana.
Cette taxe s’ajoute aux autres prélèvements déjà intégrés dans le prix du carburant. Il vise à améliorer la solvabilité des entreprises du secteur, considérées comme essentielles pour réduire la dépendance aux financements publics, sécuriser l’approvisionnement et attirer de nouveaux investissements.
Au-delà des bénéfices attendus pour l’Etat et les producteurs d’électricité indépendants, l’impact de cette taxe-carburant sur les prix à la pompe restent à évaluer dans un contexte d’inflation annuelle qui s’élevait à 18,4 % en mai dernier, bien au-dessus de l’objectif de 8 % de la banque centrale.
Au début du mois de juin, les négociants de produits pétroliers ont annoncé une réduction des prix du carburant à la pompe qui s’applique sur l’ensemble du territoire, pour deux semaines, à partir du 1er juin dernier.





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