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Accueil - Fiscalité - Grand Entretien | Welcome Cielht Akouala Matondo : Conseiller spécial du Premier ministre de la République du Congo

Grand Entretien | Welcome Cielht Akouala Matondo : Conseiller spécial du Premier ministre de la République du Congo

Anthioumane D. TandiaPar Anthioumane D. Tandia14 août 2026 Fiscalité
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Dans un contexte marqué par la consolidation budgétaire, la réduction progressive de la dette extérieure et l’achèvement d’un premier programme avec le FMI, la République du Congo entend ouvrir une nouvelle séquence économique tournée vers la croissance, la diversification et la modernisation de ses finances publiques. Welcome Cielht Akouala Matondo, conseiller spécial du Premier ministre, revient sur les réformes engagées, les défis persistants liés à la dépendance pétrolière, au faible rendement fiscal et au surendettement, tout en défendant la stratégie gouvernementale. Il détaille les priorités des prochaines années : digitalisation fiscale, poursuite des réformes structurelles, mobilisation de financements innovants et renforcement de la crédibilité du Congo auprès des investisseurs et des partenaires internationaux. Entretien !

“Le gouvernement congolais mise sur les réformes pour tourner la page du surendettement”

 

AFRIMAG : La République du Congo a entrepris depuis plusieurs années un processus de consolidation budgétaire, se traduisant par des excédents budgétaires significatifs (8,9 % du PIB en 2022), bien que le pays demeure en situation de surendettement avec une dette publique avoisinant 93 % du PIB.

Quels sont les principaux choix stratégiques du gouvernement qui ont permis cette consolidation, et comment concilier ces efforts avec la persistance d’un déficit primaire hors hydrocarbures supérieur à 10% du PIB ?

Welcome Cielht Akouala Matondo : La consolidation budgétaire observée en République du Congo, qui a conduit à des excédents globaux significatifs, repose sur trois principaux choix stratégiques.

Premièrement, sous la conduite du Président de la République, chef de l’État, le gouvernement a procédé à un resserrement ciblé de la politique budgétaire à travers une réduction drastique du déficit primaire hors hydrocarbures, passant de 13,9 % du PIB en 2021 à 8,7 % du PIB en 2025, et devrait s’établir à 7,9 % du PIB en 2026. Cet objectif a été atteint grâce à la volonté manifeste du gouvernement de respecter les critères de performance stricts fixés dans le cadre du programme avec le FMI en vue d’assainir les finances publiques du pays. 

Deuxièmement, nous pouvons également noter le choix d’une gestion proactive de la dette extérieure. L’une des réussites majeures du gouvernement conduit par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a été la réduction de la dette publique extérieure de pratiquement 22,1 % du PIB entre 2021 et 2024. Cette baisse a été facilitée par une gestion rationnelle des dépenses publiques, permettant de dégager des ressources pour le remboursement des échéances.

Enfin, les réformes de la gestion des finances publiques par la mise en œuvre de réformes structurelles visant à améliorer la transparence et l’efficacité budgétaire, notamment l’élaboration d’une nouvelle stratégie de gestion des finances publiques, la réforme des subventions des produits pétroliers qui a permis de dégager d’importantes marges de recettes tout en réduisant les subventions à ce secteur, et la mise en place d’une méthodologie d’évaluation des projets d’investissement intégrant la dimension climat.

S’agissant du solde primaire non pétrolier, nous devons au contraire apprécier sa trajectoire descendante, dans la mesure où, sur les cinq dernières années, il a été réduit de 5,2 points. Ce qui, à notre sens, est un ajustement soutenu et dénote une volonté politique manifeste d’assainir les comptes publics hors secteur pétrolier.

Par ailleurs, nous tenons à relever qu’au regard de la structure de l’économie congolaise, dépendante en grande partie des hydrocarbures, la persistance du déficit primaire hors hydrocarbures apparaît non pas comme une anomalie conjoncturelle, mais comme une évidence structurelle, reflétant une base fiscale étroite et un tissu productif peu diversifié. 

C’est pour cette raison que le projet de société du Président de la République, chef de l’État «l’accélération de la marche vers le développement», priorise avant tout la mobilisation des ressources intérieures. Car, tant que le secteur hors hydrocarbures ne sera pas assez large et formalisé pour financer les dépenses publiques via les recettes propres (impôts et douanes), le déficit primaire hors hydrocarbures demeurera une évidence comptable. Dès lors, la résorption du déficit primaire non pétrolier ne consistera plus à ajuster les dépenses publiques, qui, sans aucun doute, asphyxient la croissance économique, mais par la mobilisation accrue des recettes fiscales non pétrolières par le canal de la digitalisation fiscale, de l’élargissement de l’assiette et de la réduction des exonérations, la formalisation de l’économie et l’accélération de la diversification vers les secteurs productifs non pétroliers. Tel est le défi que s’est lancé le gouvernement du Premier ministre Anatole Collinet Makosso pour les cinq prochaines années.

AFRIMAG : La gouvernance des finances publiques a fait l’objet de réformes importantes, notamment la restructuration de la Direction générale du Trésor et le déploiement du Compte unique du Trésor (CUT). Cependant, certaines de ces réformes ont connu des interruptions (gel des réformes du Trésor public en mai 2025). Quelles réformes concrètes ont été effectivement mises en œuvre pour renforcer la transparence et la discipline budgétaire, et quels sont les principaux obstacles qui freinent encore l’amélioration de la gouvernance des ressources publiques, notamment face à un écart fiscal estimé à 67 % du potentiel de mobilisation ?

W.C.A.M. : Je vous remercie pour cette question fondamentale. En effet, la gouvernance des finances publiques revêt un caractère crucial, surtout dans le contexte congolais, où il subsiste un écart important entre les ressources collectées et le potentiel de mobilisation des recettes. Un tel écart signifie qu’une partie des ressources fiscales potentielles n’est pas effectivement collectée, privant l’État de moyens essentiels pour financer les investissements publics, les transferts sociaux et la diversification économique. À titre d’illustration, le ratio des recettes non pétrolières sur le PIB non pétrolier est ressorti à 16,2 % en 2025, contre 29,4 % en 2015, soit une perte importante des marges de recettes fiscales au cours de la décennie écoulée. Ce qui implique une rétrospection en vue de structurer un cadre fiscal visant à renverser cette tendance à court terme.

C’est dans ce contexte que, dans le souci d’améliorer la bonne gouvernance des finances publiques, le gouvernement a réalisé des avancées significatives dans le renforcement de la transparence et de la discipline budgétaire. Depuis le diagnostic de gouvernance réalisé avec nos partenaires techniques et financiers, plusieurs réformes clés ont été mises en œuvre, notamment la création et l’opérationnalisation de la Haute Autorité de lutte contre la corruption (HALC), l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, l’adoption d’une loi renforçant l’autonomie institutionnelle de la cour des comptes et de discipline budgétaire, accompagnée du statut de ses magistrats, et bien d’autres.

La mise en œuvre du Guichet unique de paiements (GUP), du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP) et de ses modules orbitaux E-TAX, SIVL, etc., ont constitué un saut qualitatif majeur pour l’amélioration de la gestion des finances publiques. Toutefois, le chemin est encore long.

Par ailleurs, je tiens à revenir sur vos propos concernant le gel des réformes du Trésor public. Il est important de relever que les réformes en matière de gouvernance des finances publiques, comme le CUT et la restructuration de la Direction générale du Trésor, sont des processus structurels dont la mise en œuvre est progressive. Elles ne se réalisent pas de façon instantanée.

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La réforme du Trésor public, qui a d’ailleurs constitué une exigence dans le cadre du programme avec le FMI, mobilise plusieurs acteurs de la chaîne décisionnelle et suppose une appropriation continue par les nouveaux décideurs appelés à prendre le relais afin d’en assurer la continuité. Il n’y a jamais eu de gel de cette réforme, elle se poursuit. À preuve, l’accord entre la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et le Trésor public congolais sur la mise en œuvre du CUT a déjà été formalisé et les équipes techniques ont été récemment constituées pour son opérationnalisation.

S’agissant de l’écart fiscal estimé à 67 % du potentiel de mobilisation, nous accélérons le chantier de modernisation de l’administration fiscale, notamment : (i) la numérisation de l’administration fiscale et le lancement du système de facturation électronique ; (ii) l’élargissement de l’assiette fiscale ; et (iii) la suppression des exonérations non réglementaires. Concernant les exonérations, nous insistons particulièrement sur la nécessité d’accélérer la révision de la charte nationale des investissements, car les conventions d’établissement nuisent davantage aux recettes qu’elles ne les servent.

AFRIMAG : Le déploiement du Compte unique du Trésor (CUT), accompagné de l’application AMS/X en décembre 2022, a été présenté comme un outil central de modernisation de la gestion des finances publiques. En quoi cet outil a-t-il transformé la gestion des recettes et des dépenses publiques ? Dans quelle mesure cette réforme a-t-elle contribué à renforcer la crédibilité financière du Congo auprès des partenaires techniques (FMI, Banque mondiale) et des agences de notation, sachant que Moody’s maintient une note B3 avec perspective stable depuis novembre 2022 ?

W.C.A.M. : Il est unanimement admis que le Compte unique du Trésor (CUT) est un outil technique efficace pour la modernisation des finances publiques en ce sens qu’il permet d’annihiler les dépenses hors budget. Toutefois, cette réforme n’est pas encore la dette extérieure, ainsi que sur une meilleure visibilité des réformes en cours d’implémentation pour assainir les finances publiques. En outre, le maintien de la note B3 avec perspective stable par les agences de notation reflète plus une stagnation qu’une amélioration ; cela indique qu’elle n’a anticipé ni une hausse ni une baisse rapide. Raison pour laquelle le gouvernement, sous la conduite du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, a mis un point d’honneur à l’amélioration de cette note à travers l’achèvement des réformes en cours.

AFRIMAG : La conclusion du programme financier avec le FMI en mars 2025 (sixième revue, avec 430 millions de dollars décaissés au total) a marqué une étape importante dans la normalisation des relations avec les partenaires internationaux. Comment expliquez-vous l’évolution de la confiance de ces partenaires, et dans quelle mesure cette confiance se traduit-elle concrètement par un accès élargi aux financements extérieurs, compte tenu de la persistance d’une dette publique évaluée à 8 272 milliards de FCFA (fin mars 2025) ?

W.C.A.M. : La confiance des partenaires internationaux ne se décrète pas : elle se gagne. Et elle se gagne par des actes. À preuve, pour la première fois dans le cadre des relations entre la République du Congo et le FMI, nous avons bouclé un programme économique et financier. Ce qui a permis de rehausser la crédibilité du pays vis-à-vis des partenaires économiques et financiers, ainsi que sur les places financières internationales. 

L’exceptionnelle discipline affichée par le gouvernement dans l’exécution du programme FMI a été à la base du bouclage des six revues sans interruption. La transparence dans la publication des audits, des rapports sur la dette, des données pétrolières, la gestion de la dette qui a abouti à la réduction du ratio dette extérieure sur le PIB de 62 % à 31 %, et la réforme des subventions au secteur pétrolier ont été les éléments déterminants dans le cadre dudit programme. Aussi, la stabilité politique et institutionnelle qui règne dans le pays, en l’occurrence le renouvellement de la confiance du peuple au Président Dénis Sassou N’Guesso en mars 2026, a également rassuré les partenaires.

Cette confiance s’est traduite à l’international par les appuis budgétaires que nous avons reçus de la part des autres partenaires techniques et financiers, la Banque mondiale (BM), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD). Cette confiance a également facilité les opérations d’Eurobonds réalisées par le gouvernement sur les marchés internationaux, avec des taux d’intérêt sensiblement moins élevés, de l’ordre de 9,5 %, contre des taux supérieurs à 10 % auparavant. Ce qui prouve que la République du Congo est désormais perçue par les investisseurs internationaux comme un pays solvable, capable de mobiliser des financements longs à des conditions avantageuses, en dépit d’un stock de dette relativement élevé.

AFRIMAG : Le Congo a intensifié ses levées de fonds sur le marché des titres de la CEMAC, avec 403 milliards de FCFA mobilisés au premier trimestre 2026 (+77,5 %). Cependant, cette performance masque des tensions : taux de souscription faibles (< 15 %), coût de financement élevé (> 11 % pour les obligations) et dépendance croissante de ce marché (30 % du PIB en encours).

Quels facteurs expliquent cette dynamique contrastée, et quel message cela envoie-t-il aux investisseurs de la sous-région sur la soutenabilité de la dette congolaise ?

W.C.A.M. : Cette question touche le cœur de notre stratégie de gestion de la dette. Les levées de fonds du Trésor congolais au premier trimestre 2026 sont en cohérence avec, d’une part, les prévisions de la loi de finances 2026 et, d’autre part, le calendrier prévisionnel des levées de fonds transmis à la BEAC. Il est évident qu’il y a un besoin accru de trésorerie, mais il s’agit également d’une stratégie assumée de diversification des sources de financement. La question est de savoir pourquoi les souscriptions sont faibles. Cette situation n’est pas propre au Trésor congolais. Les faibles taux de couverture constatés au sein de la CEMAC peuvent s’expliquer par deux facteurs fondamentaux. Premièrement, nous pouvons les associer à une souscription excessive, par les banques commerciales, des titres publics, pour certaines au-delà de la limite des ratios de concentration édictés par la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale), conjuguée à l’absence d’un marché secondaire dynamique. Deuxièmement, par la politique monétaire restrictive mise en place par la BEAC en vue de lutter contre l’inflation et préserver la stabilité externe du franc CFA. Au cours de la période 2022-2024, la BEAC a durci sa politique monétaire en relevant son taux directeur jusqu’à 5 %, et a suspendu les retraits de liquidités pour résorber les tensions sur les prix et préserver ses réserves de change. Ce qui s’est traduit par une baisse structurelle des taux de souscription et un renchérissement du coût des titres publics pour les États de la CEMAC. C’est lors du Comité de politique monétaire de juin 2026 que la BEAC a décidé d’un assouplissement monétaire en baissant son taux directeur de 4,75 % à 4,5 % en vue de soutenir les économies des pays de la CEMAC. Nous sommes convaincus que cette décision entraînera, à court et moyen termes, un redynamissement du marché monétaire de la BEAC et du marché des titres publics de la CEMAC. Au regard des arguments ci-dessus évoqués, nous pouvons aisément conclure qu’il s’agit d’un problème que tous les pays de la CEMAC confrontent, chacun en fonction de son niveau d’exposition sur le marché des titres publics et de l’évaluation du risque par les investisseurs.

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AFRIMAG : Au regard des avancées réalisées (consolidation budgétaire, conclusion du programme FMI, intensification des émissions sur le marché régional) mais aussi des défis persistants (surendettement à 93 % du PIB, déficit primaire hors hydrocarbures > 10 %, faible diversification économique, économie informelle à 60-70 %), quelles sont les prochaines priorités stratégiques du gouvernement pour consolider les acquis en matière de gouvernance budgétaire, diversifier les sources de financement (notamment via les obligations vertes et le marché carbone), et soutenir une croissance économique inclusive et durable ?

W.C.A.M. : Sur la base du programme d’actions du gouvernement présenté par le Premier ministre, chef du gouvernement, nous pouvons résumer les priorités économiques et financières autour de trois principaux axes.

Le premier axe porte sur la poursuite de l’assainissement et de la consolidation budgétaire. Il s’agit d’accélérer et d’approfondir les réformes de gestion des finances publiques en s’engageant dans un programme avec le Fonds monétaire international. Cette fois, en lieu et place de la stabilisation macroéconomique, le nouveau programme sera orienté vers la croissance et la durabilité. Ce programme, considéré par certains comme un aveu d’impuissance, est au contraire un catalyseur indispensable pour maintenir la crédibilité internationale et ouvrir l’accès aux ressources des partenaires multilatéraux pour le financement du déficit de trésorerie.

Deuxièmement, nous pouvons évoquer l’accélération des réformes fiscales fondées sur la simplification du système, la digitalisation du recouvrement et une plus grande équité contributive. Parallèlement, la gestion active de la dette se poursuit à travers les refinancements sur le marché sous-régional des titres publics et à l’international afin de lisser les échéances, éviter les pics de remboursement et libérer des marges budgétaires pour financer les politiques publiques urgentes et l’investissement. L’objectif étant de ramener le ratio dette publique sur le PIB en dessous de la norme communautaire de 70 % d’ici 2031.

Enfin, nous nous employons à diversifier les sources de financement de l’économie.

D’une part, les financements innovants sont la priorité, notamment les partenariats public-privé (PPP) ; et d’autre part, par la valorisation des ressources naturelles à travers leur transformation locale (potasse, phosphate, bois, etc.) afin de mieux capter la valeur ajoutée.

Pour terminer, je tiens à souligner que les sujets que nous venons de débattre montrent que la route est encore longue, mais que la direction est bonne. Le gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, est résolu à poursuivre les réformes avec rigueur et transparence. Le peuple congolais lui a fait confiance, à travers une élection massive au mois de mars 2026 ; nous lui devons des résultats.

AFRIMAG : Vous venez de prendre part à Abidjan à la Conférence économique africaine 2026, réunion conjointe du Réseau mondial des économistes en chef des institutions de développement et de la finance et du Réseau des économistes en chef africains. Dans un monde multipolaire et fragmenté, quelle priorité et quelle urgence ce genre de rencontres revêt-il pour les économies africaines ?

W.C.A.M. : Effectivement, nous sortons d’Abidjan pour une rencontre majeure organisée par la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Les rencontres comme la Conférence économique africaine 2026 et le lancement du Réseau des économistes en chef africains revêtent une priorité stratégique pour les économies africaines. La sagesse africaine dit que «si tu ne te souviens pas de ton chemin, tu risques de marcher sur les pas d’un autre». Cet adage illustre l’enjeu fondamental pour les économies africaines dans un monde multipolaire et fragmenté. La priorité absolue, révélée par les rencontres d’Abidjan, est de reprendre le contrôle de notre propre récit et de notre souveraineté. Il ne s’agit plus de subir des modèles exogènes, mais de bâtir, grâce au Réseau des économistes en chef africains, un réservoir de cerveaux capable de générer ses propres diagnostics et solutions, ancrés dans les réalités africaines. L’Afrique doit écrire sa propre histoire économique, et ces rencontres sont le premier chapitre de cette indépendance intellectuelle.

Ce forum a permis de fédérer les économistes africains isolés en un collectif influent capable d’anticiper les chocs et de peser dans les négociations internationales.

L’objectif est de créer un instrument qui nous permettra de passer d’une position de spectateur à celle d’acteur stratégique.

Le réseau mis en place a également pour mission de réduire le fossé entre décideurs, praticiens et monde académique. En rassemblant conseillers économiques des gouvernements, économistes en chef des institutions et experts universitaires, l’ACE- Network crée un pont direct entre la théorie et l’action.

Enfin, nous avons conclu, en marge de ces assises, que le réseau se réunira en cas de chocs majeurs. Dans un monde fragmenté, les crises (inflation, dettes, chocs climatiques, ruptures de chaînes d’approvisionnement) se succèdent rapidement et de manière interconnectée. Le réseau africain des chefs économiques est à cet effet chargé de proposer un mécanisme de réponse rapide et coordonné au plus haut niveau pour régler les problèmes économiques et financiers de l’Afrique. 

Bio express 

 Le docteur Welcome Cielht Akouala Matondo est un économiste congolais spécialisé en macroéconomie, finances publiques, dette souveraine, marchés financiers et financement du développement.

Titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), spécialité politiques publiques et performances économiques, il possède une solide expérience dans l’analyse économique, la formulation des politiques publiques et la gestion des finances publiques en Afrique.

Fort d’une quinzaine d’années d’expérience professionnelle, il a exercé des responsabilités au sein des institutions monétaires, financières et gouvernementales de premier plan. Son parcours se caractérise par une expertise développée au sein de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), du ministère des Finances et du Budget, des banques d’affaires et du conseil stratégique au plus haut niveau du gouvernement de la République du Congo. 

Par Anthioumane D. Tandia, Directeur de Publication - Casablanca
 217-218 CEMAC FMIRépublique du Congo Welcome Cielht Akouala Matondo Développement Gouvernance

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