MTN Group a annoncé le 25 août 2026 un programme de rachat d’actions de 6 milliards de rands, soit environ 375 millions de dollars, portant sur près de 31 millions de titres. La décision accompagne des résultats semestriels solides : le bénéfice ajusté par action a progressé de 21,3 % à 793 cents sur les six mois clos fin juin, le chiffre d’affaires des services a crû de 17,5 % à changes constants, à 115,3 milliards de rands, et la marge d’EBITDA a atteint un niveau record de 47,1 %.
Ce type d’opération, courant chez les grands opérateurs occidentaux, reste rare parmi les entreprises cotées en Afrique subsaharienne. L’action MTN a gagné 4,6 % à la Bourse de Johannesburg le jour de l’annonce.
Une politique de distribution qui aligne MTN sur les standards mondiaux
Le rachat s’inscrit dans le cadre de rémunération des actionnaires dévoilé avec la stratégie « Ambition 2030 » : MTN s’engage à reverser entre 40 % et 60 % de son flux de trésorerie disponible aux actionnaires, sous forme de dividendes ou de rachats. Les titres rachetés seront annulés, ce qui réduira mécaniquement le nombre d’actions en circulation et soutiendra le bénéfice par titre. Pour le groupe, cette formalisation marque un tournant après des années plombées par la dévaluation du naira nigérian et les restrictions de change qui ont pesé sur ses comptes. Côté activité, la croissance est tirée par le Nigeria, premier marché du groupe, ainsi que par le Ghana et l’Ouganda, tandis que l’Afrique du Sud patine à +1,5 %. Les services financiers mobiles poursuivent leur envolée : 70,8 millions d’utilisateurs actifs de Mobile Money et plus de 330 milliards de dollars US de transactions numériques sur le semestre .
IHS Towers : l’autre chantier à 6,2 milliards de dollars
L’annonce du rachat intervient alors que MTN mène une seconde offensive, bien plus lourde : l’acquisition de la totalité d’IHS Towers, spécialiste des infrastructures télécoms partagées, pour environ 6,2 milliards de dollars US. L’accord, signé en février 2026, prévoit 8,50 dollars par action en numéraire ; MTN détenait déjà environ 24,7 % de l’opérateur de tours. L’opération a obtenu l’approbation de plusieurs régulateurs, dont la Commission fédérale nigériane de la concurrence et de la protection des consommateurs, à la condition que MTN cède 30 % d’IHS Nigeria à des investisseurs locaux. La finalisation est attendue au second semestre 2026. IHS exploite près de 29 000 tours (pylônes de télécommunications) dans cinq pays africains (Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Zambie, Afrique du Sud) après la cession de ses actifs latino-américains au fonds australien Macquarie . En réintégrant ses infrastructures, MTN internalisera les marges versées jusqu’ici à l’opérateur de tours, un modèle déjà éprouvé en Inde et en Amérique latine, mais encore émergent en zone CEMAC.
Ce que le signal vaut pour les marchés africains
La solidité retrouvée de MTN, fort de 317,7 millions d’abonnés dans 19 marchés, dépasse le seul cas sud-africain. Elle offre aux investisseurs un nouveau critère de comparaison des télécoms panafricains, face à Airtel Africa, au même titre que la croissance des abonnés ou la pénétration du mobile money. Elle renforce aussi, indirectement, la crédibilité des marchés de capitaux africains, encore jugés peu liquides en dehors de Johannesburg. Un nuage subsiste toutefois : la dépréciation de 3,9 milliards de rands sur la participation de 49 % dans Irancell, l’Iran étant le dernier marché moyen-oriental dont MTN cherche à sortir, a fait reculer de 5,8 % le bénéfice publié.





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