Le gouvernement kényan a approuvé la déclaration de politique budgétaire (le projet de loi de Finances) fixant les dépenses pour l’exercice fiscal 2025/2026 à 4.200 milliards de shillings, soit l’équivalent de 32,5 milliards de dollars, indique un communiqué de la Présidence de la République. C’est une hausse substantielle de 12% par rapport à l’exercice précédent
Au total, les dépenses de l’Etat culmineront à 22,1% du PIB avec l’objectif d’apporter des réponses aux attentes sociales pressantes de la population et de maintenir la soutenabilité de la dette. Une équation a priori complexe mais le gouvernement assure y arriver « grâce à la rationalisation des dépenses, la mobilisation des revenus et l’amélioration de la conformité fiscale ».
L’élaboration du budget 2025/2026 est intervenue dans un contexte économique difficile pour le pays. En juin 2024, le président William Ruto avait dû retirer un projet de Loi de finances controversé qui proposait de nouvelles taxes, en raison d’une forte contestation populaire et des manifestations qui avaient fait plusieurs morts. A l’époque, Nairobi considérait ces hausses d’impôts comme nécessaires pour alléger le poids de la dette et assainir les finances publiques, le Trésor n’ayant pas honoré plusieurs échéances auprès des créanciers internationaux.
Par ailleurs, le Kenya doit faire face à la suspension de l’aide américaine par l’administration Trump, perdant une importante source de financement qui représentait 57,5% de l’aide humanitaire en 2024.
Malgré le poids du service de la dette et les tensions économiques, le Kenya prévoit une croissance à 5,3% en 2025 et 2026, contre une prévision de 4,7% attendue en 2024. Cette reprise sera soutenue par une amélioration de la productivité agricole, un secteur des services solide et des réformes structurelles. Le gouvernement a par ailleurs approuvé une rallonge budgétaire de 199,9 milliards de shillings dans une loi de Finances rectificative pour l’exercice 2024/25 qui s’achève le 31 mars prochain.





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