En Afrique subsaharienne, la croissance économique devrait passer d’un taux estimé de 3,3 % en 2023 à 3,8 % en 2024 et 4,1 % en 2025, souligne le Fonds Monétaire International (FMI) lors de la publication, mardi 30 janvier à Johannesburg, en Afrique du Sud, de son nouveau rapport sur «Les perspectives de l’économie mondiale.»
Le rapport a été publié lors d’une conférence de presse animée par Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef et directeur du département des études, Daniel Leigh, chef de division du Département de recherche et José Luis de Haro, chargé de communication.
«La fragmentation géoéconomique pourrait limiter les flux transfrontaliers de matières premières, provoquant une volatilité supplémentaire des prix des matières», relèvent les experts du FMI, arguant que des chocs climatiques plus extrêmes, notamment des inondations et des sécheresses, pourraient, avec le phénomène El Niño, provoquer également des flambées des prix des denrées et exacerber l’insécurité alimentaire dans la région.
Abordant la hausse des prix des matières premières dans un contexte de chocs géopolitiques et climatiques, ils estiment que «le conflit à Gaza et en Israël, les attaques continues dans la mer Rouge et le conflit en cours en Ukraine risquent de générer de nouveaux chocs défavorables à la reprise économique, avec des hausses des coûts de l’alimentation, de l’énergie et des transports.»
La croissance sud-africaine plombée par la crise énergétique et logistique
Interpelés sur les projections de croissance pour l’Afrique du Sud, les économistes du FMI ont indiqué que la révision à la baisse pour 2024 de 0,2 % reflète principalement une projection plus faible pour ce pays d’Afrique australe, en raison des contraintes logistiques croissantes, notamment dans le secteur des transports et du fret.
«L’Afrique du Sud se doit de résoudre d’urgence les problèmes de la crise énergétique et de la logistique, qui affectent sérieusement la croissance économique du pays», a déclaré M. Daniel Leigh.
Au niveau international, le FMI relève que la croissance mondiale, estimée à 3,1 % en 2023, devrait se maintenir à 3,1 % en 2024 avant d’augmenter légèrement pour atteindre 3,2 % en 2025. «Les prévisions pour 2024 sont supérieures d’environ 0,2 point de pourcentage, reflétant des améliorations pour la Chine, les États-Unis et les grands marchés émergents», précise-t-on.
Pierre-Olivier a indiqué, à cet égard, que la croissance du commerce mondial devrait atteindre 3,3 % en 2024 et 3,6 % en 2025, soit un taux inférieur à son niveau historique de 4,9 %.
Il a de même soutenu que les économies avancées devraient connaître une croissance progressive, reflétant une reprise dans la zone euro après la faible croissance de 2023, compensée en partie par une modération de la croissance aux États-Unis. «Les économies émergentes et en développement devraient connaître une croissance stable jusqu’en 2024 et 2025, avec des différences régionales», relève-t-il.
Abordant le cas de l’inflation au niveau mondial, les experts du FMI ont souligné que celle-ci devrait passer d’un taux estimé à 6,8 % en 2023 (moyenne annuelle) à 5,8 % en 2024 et 4,4 % en 2025.
Les économies avancées devraient connaître une désinflation plus rapide, l’inflation diminuant de 2,0 points de pourcentage en 2024 pour atteindre 2,6 %, alors que pour les économies des marchés émergents et en développement, l’inflation devrait diminuer de seulement 0,3 point de pourcentage à 8,1 %, précise-t-on.

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