Le Tchad a fait savoir par un communiqué lu jeudi soir à la télévision nationale par le ministre d’Etat, secrétaire général à la Présidence, Gali Ngothe Gatta, «qu’en raison des différends persistants avec son voisin, le Cameroun», il a décidé de rappeler pour consultation l’ambassadeur au Cameroun.
Selon le communiqué, cette décision est motivée par «la persistance des différends entre le Tchad et le Cameroun, notamment autour de la question de la prétendue acquisition des actifs de l’ex-ESSO (ex-filiale du géant américain des hydrocarbures ExxonMobil) par la nébuleuse Savannah Energy», une multinationale énergétique malaisienne.
«Par tous les canaux de communication existant entre le Tchad et le Cameroun, la question a été soumise à l’attention du Cameroun, tout en l’informant également des agissements inamicaux et contraires aux intérêts du Tchad posés par ses représentants dans les conseils d’administration de Cameroun Oil Transportation Company et Tchad Oil Transportation Co. Plusieurs lettres de suite ont été adressées aux autorités camerounaises, lettres qui sont restées sans réponses», déplorent les autorités tchadiennes.
«Aussi, le Tchad se trouve dans l’obligation de défendre ses intérêts et sa respectabilité et dénonce les agissements répétés du Cameroun et de ses représentants qui mettent à mal, dans ces dossiers et au sein de la Cemac, les relations entre les deux pays», a dénoncé le gouvernement tchadien.
En réaction, le ministre camerounais des Affaires étrangères, Mbella Mbella Lejeune a indiqué que «Yaoundé a pris acte de la décision des autorités tchadiennes».
Depuis plus de 50 ans, le Tchad et le Cameroun entretiennent, sur le plan militaire, une coopération aux résultats probants. Dans le cadre de la lutte contre Boko Haram par exemple, depuis 2015, le Tchad appuie fortement le Cameroun. Les deux pays, dont les relations diplomatiques remontent à 1960, partagent une frontière commune d’environ 1094 Km.


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