Selon le Rapport de la Cnuced sur les investissements directs étrangers publié mercredi 5 juillet, les flux d’IDE vers l’Afrique se sont effondrés en 2022, marquant une chute de 44%. C’est la conséquence de la dégradation du risque pays dans plusieurs pays du continent.
D’après la Cnuced, l’Afrique a capté 45 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2022 contre 80 milliards l’année précédente. Ces flux représentent seulement 3,5% des IDE mondiaux.
C’est l’Afrique du Nord qui truste le plus gros flux d’IDE avec 15 milliards de dollars, soit une croissance de 58% par rapport à 2021. Il s’agit plus d’un rattrapage que d’une reprise des IDE. En revanche, l’Afrique australe plonge avec une chute de 84% de ses entrées d’IDE, passant de 42 milliards de dollars en 2021 à 7 milliards de dollars ! Sans grosse surprise, c’est la même tendance relevée en Afrique de l’Ouest où les IDE se sont contractés de 35% : 9 milliards de dollars contre 13 milliards en 2021. La sous-région est plombée par l’insécurité de pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger) et l’instabilité au Nigeria. L’Afrique centrale, elle, résiste beaucoup mieux en enregistrant une baisse de 7%, passant de 7 à 6 milliards de dollars.
Seule sous-région avec l’Afrique du Nord à sortir du lot, l’Afrique de l’Est quant à elle, capte 9 milliards de dollars d’IDE en 2022, un montant en hausse de 3% par rapport aux 8 milliards enregistrés en 2021.
L’Égypte, leader nord-africain en matière d’investissements étrangers, a attiré 11 milliards de dollars, l’année dernière, en raison de l’augmentation des fusions et acquisitions transfrontalières. En Afrique du Sud, les IDE sont revenus à leur niveau « normal » pour s’établir à 9 milliards de dollars. Le Nigeria, quant à lui, a vu « les flux d’IDE devenir négatifs, à -187 millions de dollars.
Pour la Cnuced, les pays en développement sont confrontés à un déficit d’investissement annuel croissant alors qu’ils s’efforcent d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD), d’ici 2030. «L’écart est désormais d’environ 4.000 milliards de dollars par an, contre 2 500 milliards estimés en 2015, lorsque les ODD ont été adoptés.» Au plan mondial, les investissements directs étrangers ont baissé de 12 %, passant à 1.295 milliards de dollars en 2022 contre 1.478 milliards l’année précédente.

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