Après plusieurs mois d’attente, Starlink a officiellement lancé ses services commerciaux en Côte d’Ivoire. Le fournisseur d’accès à Internet par satellite de SpaceX entre sur un marché dominé par Orange, MTN et Moov Africa, avec l’ambition de séduire les zones encore mal desservies. Mais face à une concurrence déjà bien installée, le pari est loin d’être gagné.
Starlink, le fournisseur d’accès à Internet par satellite de SpaceX, a officiellement lancé ses activités commerciales en Côte d’Ivoire. L’annonce a été faite le jeudi 16 juillet par la filiale du groupe fondé par le milliardaire américain Elon Musk, à travers une publication sur le réseau social X.
Pour accéder au service, les utilisateurs devront s’acquitter d’un abonnement mensuel compris entre 28 746 FCFA (environ 50 dollars) et 40 244 FCFA, selon la formule choisie. À ce coût récurrent s’ajoute l’achat du kit de connexion, commercialisé en deux versions au prix de 148 148 FCFA et 247 766 FCFA.
Un marché largement dominé par les opérateurs télécoms
L’arrivée de Starlink intervient dans un paysage des télécommunications déjà fortement structuré. À fin mars 2026, la Côte d’Ivoire comptait 40,9 millions d’abonnements à Internet mobile, selon les données officielles. Orange dominait le marché avec 38 % de parts de marché, suivi de près par MTN (37 %) et Moov Africa (25 %).
Le segment de l’Internet fixe, que cible plus directement Starlink, est lui aussi occupé par des acteurs solidement implantés. Sur les 816 207 abonnés recensés à la même période, Orange revendiquait 549 678 clients, devant MTN (115 221) et Moov Africa (66 723). D’autres fournisseurs, tels que CanalBox (GVA), CI DATA, VIPNET, Konnect Africa, Dataconnect ou encore Nortis, complètent également l’offre.
L’atout du satellite face à la fibre
Pour se faire une place, Starlink mise sur son principal avantage technologique : une constellation de satellites en orbite terrestre basse (LEO), capable de fournir un accès à Internet dans les zones où le déploiement de la fibre optique ou des réseaux mobiles demeure complexe ou peu rentable.
Cet argument pourrait trouver un écho dans certaines régions du pays, même si la fibre représente déjà près de 65 % des abonnements à l’Internet fixe, signe d’un marché en pleine modernisation.
Une bataille qui se joue aussi sur les prix
L’opérateur américain ne sera toutefois pas seul sur le créneau du satellite. Cette année, Orange et MTN ont également lancé leurs propres offres d’Internet par satellite, conçues comme un prolongement de leurs infrastructures terrestres afin de desservir les localités encore insuffisamment couvertes.
Dans ce contexte, Starlink devra convaincre au-delà de sa seule promesse technologique. Le niveau des tarifs, régulièrement pointé comme un frein à son adoption depuis son expansion en Afrique en 2023, pourrait constituer un obstacle sur un marché où les consommateurs restent particulièrement sensibles au rapport qualité-prix.
Au-delà de l’innovation, c’est donc sur le terrain de l’accessibilité économique que pourrait se jouer la bataille pour conquérir les internautes ivoiriens.





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