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Mali : Aliou Boubacar Diallo invite à la vigilance

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Un air de campagne. 2023 doit être l’année d’une nouvelle espérance malienne. Comme tous les ans, à l’occasion des vœux du nouvel an, l’homme d’affaires malien et non moins Président d’honneur du parti de l’Alliance démocratique pour la paix (ADP) s’est prêté au jeu sur fond d’appel au redressement du pays. Décryptage.  

Le rituel est immuable. Les vœux de nouvel an sont une occasion rêvée pour les politiques de s’adresser solennellement au «Peuple ». L’homme d’affaires malien et Président d’honneur de l’Alliance démocratique pour la paix, Aliou Boubacar Diallo, n’a pas dérogé à la règle. Celui qui fut en 2020 député de Kayes, capitale de la première région administrative du Mali, et candidat malheureux à la présidentielle de 2018, arrivé 3e, aura surpris par la tenue de son discours du nouvel an.

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S’il est vrai qu’il jouit d’une réelle audience, il a poussé loin la mise en scène pour s’offrir le cadre d’un chef d’État s’adressant à la Nation. Est-ce une façon d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle ? Rien n’est à exclure car il s’agit d’un poids lourd de l’arène politique malienne. Auquel cas, les couleurs sont donc annoncées par le Président du parti de la balance qui ne tient qu’à une chose : un pays responsable à l’heure des élections surtout que la crise a atteint son paroxysme en 2020 lors des dernières législatives.

Défis sécuritaires en synergie 

Priant pour la paix et le cas des réfugiés répartis dans plusieurs endroits du Sahel, Aliou Boubacar Diallo a invité les autorités maliennes à ne pas les oublier. Détaillant les difficultés dans lesquelles ils survivent, M. Diallo a insisté à ce qu’ils puissent regagner la mère patrie. Cette tribune fut également une belle occasion d’aborder à sa manière le  »décès » du G5 Sahel, sans citer l’entité que le Mali a déposé en mai dernier. Il a appelé les pays du G5 Sahel à aller en synergie afin de créer une force armée commune. Une façon de partir en rangs soudés contre le terrorisme qui continue de sévir, explique-t-il. Aliou Boubacar Diallo prône l’union des forces de défenses pour plus de réactivité dans un contexte de guerre asymétrique.

Bannir la fraude électorale 

Après adoption de la loi électorale en 2022, cette année sera celle des élections générales au Mali avant la Présidentielle de mars 2024. Ainsi, dans son adresse, M. Diallo a invité à bannir les fraudes électorales. Car sources de retombées négatives sur le pays et son image.  

Celui qui a eu les suffrages de Kayes aux dernières législatives du fait d’une popularité sans précédent à travers le Mali, a mis en avant les cas de la Commune 5 à Bamako et la région de Sikasso. La première circonscription qui est d’ailleurs son fief naturel politique fut éliminée en faveur de celui qui deviendra en 2020 le Président de l’Assemblée nationale le plus contesté du pays. Pour Sikasso, la liste était conduite par la présidente des femmes, Mme Diallo Mariam Camara qui, après avoir mené le jeu, verra les résultats tripatouillés par la cour constitutionnelle.

Des rappels à l’endroit de la transition qui a mis en place l’organe électoral dans un contexte de manque de consensus. Une interpellation que toutes les parties concernées, doivent prendre en compte.

Union sociale prônée 

Avant les sanctions de la CEDEAO, le Mali était secoué par un front social en ébullition. Le discours du Président d’honneur de l’ADP Maliba est survenu après de grosses brouilles entre l’exécutif et le judiciaire sur l’âge de départ à la retraite.

Aliou Boubacar Diallo a donc appelé les forces sociales à entretenir un climat apaisé d’où le pacte social. Une posologie de celui qui aura longtemps tenu la barque du géant minier Wassoul’Or avant de passer au secteur prometteur de l’hydrogène. Taire les divergences afin que la période d’exception s’avère vitale aux dires du patron de l’ADP Maliba. Car, un front continu de revendications pourrait détourner de l’essentiel alors que l’accompagnement pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel devrait occuper les esprits, rappelle-t-il.

A noter que le leader de la troisième force politique du Mali s’est félicité des bons offices qu’il a menés en 2022. Allusion faite à la période de sanctions de la CEDEAO. Il a donc mis en avant son réseau auprès des voisins du Mali pour éviter les brouilles avec eux.

Une série de piques à l’adresse des acteurs étatiques et politiques, alors que la rentrée sociale de janvier s’annonce éruptive avec le bruit de botte des partis de l’opposition, des syndicats et de la société civile. 

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