À Bamako, la capitale, les autorités de transition ont dissous tous les partis politiques et organisations à caractère politique ainsi que leurs activités sur toute l’étendue du territoire national. Une décision immédiatement dénoncée par l’opposition
Faut-il rappeler qu’avant leur dissolution que ce pays de l’Afrique de l’Ouest comptait quelque 300 partis politiques recensés. C’est un tournant que le régime militaire en place vient d’effectuer avec cette décision politique.
Avant cette interdiction, les autorités avaient déjà abrogé la Charte des partis, qui définissait les bases juridiques, morales et organisationnelles des formations politiques, encadrant leur création, leur fonctionnement et leur financement.
« Juridiquement, dès que l’annonce est publiée dans le journal officiel, on peut dire qu’il n’y a plus de partis politiques au Mali. Tout se trouve dans le passé, » indique, quant à la levée de toute équivoque sur cette action sur le plan légal, le juriste malien Toumany Oumar Diallo. Il ajoute : « pour qu’il y ait de partis politiques, il faut qu’il y ait une nouvelle loi qui les autorise. »
Remise à zéro de l’ordre partisan
Cette analyse souligne la portée historique de la décision de la junte : elle ne constitue pas seulement une suspension des activités politiques, mais bien plus : une remise à zéro de l’ordre partisan malien. En l’absence de cadre juridique renouvelé, toute forme d’expression politique organisée devient de facto illégale.
Contenu du décret présidentiel
Le décret présidentiel va plus loin en interdisant toute réunion de membres de ces formations désormais dissoutes. Il précise toutefois que les responsables politiques ou administratifs en poste peuvent continuer à exercer leurs fonctions, mais sans se prévaloir de leur appartenance partisane ou d’un quelconque statut politique.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité des recommandations issues d’une concertation nationale tenue fin avril. Cette dernière est largement dominée par des soutiens du régime en place.
Les militaires au pouvoir ont renoncé à leur engagement de transférer le pouvoir à un gouvernement civil élu en mars 2024. L’opposition, déjà fragilisée par des poursuites judiciaires, des suspensions d’activités… se trouve désormais réduite au silence dans un contexte national toujours marqué par l’insécurité terroriste et une crise économique profonde.





Mali

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