L’économie nationale se serait inscrite dans un régime de croissance plus modéré, mais encore soutenu au second semestre 2025. En variation annuelle, la progression du PIB se serait établie au dernier trimestre au même niveau que celui du troisième trimestre, soit +4%, indique le Haut-commissariat au Plan (HCP), l’institut officiel des statistiques dans une note de conjoncture publiée ce mardi 13 janvier.
Selon le HCP, la croissance aurait été particulièrement impulsée par le dynamisme des services non marchands et le regain des activités liées à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations.
La demande intérieure reste le principal moteur de la croissance, sur fond de la combinaison d’un coût attractif du crédit et la désinflation. Le rebond attendu du PIB agricole devrait conforter cette trajectoire et soutiendrait une accélération de la croissance économique à 4,2% au premier trimestre 2026, indiquent les analystes du HCP.
Un environnement attendu avec une combinaison de contraintes
L’économie nationale devrait évoluer en ce début de 2026 dans un environnement marqué par une combinaison de chocs externes et structurels. D’une part, la modération persistante de la demande européenne, accentuée par la hausse des droits de douane américains et l’intensification de la concurrence chinoise, continuerait de peser sur les exportations marocaines. Les entreprises exportatrices devraient, d’autre part, affronter un double choc réglementaire sur le marché européen, résultant de la transition vers le régime d’ajustement carbone aux frontières de l’UE et la mise en œuvre d’une nouvelle législation française restreignant le démarchage téléphonique, ce qui impactera de manière substantielle l’activité des centres d’appels.
Le ralentissement de la demande extérieure, accentué à la fin de l’année dernière, devrait se poursuivre, ramenant l’accroissement du volume des exportations de biens et services à +3,9%, en variation annuelle, contre une croissance moyenne de 10,4% par trimestre au cours des cinq dernières années.
Pari sur la demande intérieure
Face à ces contraintes, les ressorts de la résilience de la croissance resteraient, principalement, internes, avec une demande intérieure en progression continue, portée par le regain des activités agricoles et la poursuite de la détente des prix à la consommation. La hausse du cumul pluviométrique de 57% au cours des deux premiers mois de la campagne agricole 2025/2026, combinée aux nouvelles mesures de soutien aux agriculteurs, devrait soutenir une amélioration de l’emploi et des revenus des ménages ruraux, sous réserve d’un hiver conforme aux normales saisonnières ; la pluviométrie du mois de mars restant décisive.
Les dépenses de consommation afficheraient, dans ces conditions, un affermissement de 3,9%, au premier trimestre 2026, alors que les investissements conserveraient un rythme soutenu (+9,8%), portés par les dépenses publiques en infrastructures. Dans l’ensemble, la croissance économique devrait atteindre 4,2% au premier trimestre 2026 en rythme annuel, après 4% au trimestre précédent. Ce léger rebond serait, essentiellement, le fait des activités agricoles et tertiaires, avec une contribution à la croissance économique globale qui s’élèverait à +2,9 points en pourcentage.
Le secteur de la construction poursuivrait son évolution au rythme de 3,4%, après la décélération observée à fin 2025, imputable aux interruptions ponctuelles liées aux intempéries de décembre. A l’inverse, l’industrie manufacturière, plus exposée aux fluctuations de la demande extérieure, afficherait une croissance modérée (+3,1%), reflétant la persistance des pressions sur les marchés à l’export.





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