Huit dirigeants d’institutions financières multilatérales reçus, lundi 13 mai dernier, par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, ont fait de Nouakchott, pour 24 heures, la capitale de la finance africaine
Présentée comme une «visite de courtoisie » à Ghazouani, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine, la rencontre de Nouakchott n’en n’est pas moins une opportunité, pour ces institutions de traiter de grands dossiers liés à l’agenda économico-financier de l’Union africaine (UA) mais aussi aux difficultés que le continent éprouve pour assurer le financement de son propre développement.
Ces institutions financières regroupées au sein de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), officiellement lancée en marge du dernier Sommet de l’UA à Addis-Abeba, se voient comme le chainon manquant dans la politique d’intégration africaine et, parce qu’elles comptent de plus en plus, dans un contexte mondial de repli sur soi, estiment qu’elles doivent être responsabilisées. Elles n’ont donc pas manqué l’occasion de rappeler au président en exercice de l’UA ce qui doit être une priorité pour lui dans les forums internationaux (G7, G20, Sommet du futur, etc.) sur des questions telles que la réforme indispensable de l’architecture financière mondiale pour la rendre juste et équilibrée, la nécessité de renforcer les institutions et l’expertise africaines, la mobilisation de financements abordables et accessibles (c’est-à-dire des financements concessionnels) pour soutenir l’agenda du développement de l’Afrique (Agenda 2063, etc.), entre autres !
Actives dans des domaines prioritaires pour le développement du continent tels le logement, le développement des PME, le commerce, le capital humain, les instruments financiers innovants, le développement du secteur privé, le développement des infrastructures, le développement du secteur financier, etc.), les IMF africaines demandent à tirer profit de l’expertise africaine pour « aider à stimuler le capital humain du continent (…) développer un financement durable, favoriser les opportunités de financement nationalet intensifier le financement climatique et l’adaptation pour l’Afrique.»
Il est tout aussi évident que si les IMF africaines font preuve de bonne volonté, pour accompagner le développement économique de l’Afrique, elles ont aussi besoin de ces garanties qu’offre une institution spécialisée en le domaine comme le FAGACE -Fonds africain de garantie et de coopération économique- qui, depuis 47 ans, «travaille dans l’optique de mettre à la disposition de ses clients, des outils et mécanismes de financement performants et efficaces.» Un rôle transversal donc que l’AAMFI devrait prendre en compte pour mieux servir son objectif prioritaire, celui d’être l’un des instruments de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.





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