Gécamines, la société nationale congolaise des mines, a décidé de bloquer la cession d’actifs de cobalt-cuivre du groupe chinois Chemaf Resources à son compatriote chinois Norin Mining. Ce veto est un signe de plus de la dégradation des relations et de l’exaspération des opérateurs africains envers leurs partenaires chinois. La Chinafrique commence à tanguer sur le continent
La société minière congolaise, Gécamines, dont l’Etat est l’actionnaire de référence, a officiellement annoncé lundi 1er juillet dans un communiqué, son opposition à la vente de la société minière Chemaf Resources qui dispose d’un bail de 25 ans sur un permis de cuivre-cobalt en RDC, à son compatriote Norin Mining. «Nous avons appris à travers la presse (ndlr : l’agence Reuters) l’annonce des conditions convenues de la vente de Chemaf Resources et de ses filiales, y compris certains droits sur des actifs appartenant à la Gécamines. Dès le lendemain (ndlr : 27 juin), le conseil d’administration s’est réuni et a condamné à l’unanimité la violation des accords conclus avec Chemaf, une filiale de Chemaf Resources, ainsi que la stratégie du fait accompli», a souligné le groupe congolais dans un communiqué, indiquant que son conseil d’administration a voté le rejet de la transaction. Pour la Gecamines, Chemaf SA est uniquement un preneur à bail (amodiataire) des actifs
concernés. En tant que bailleur (amodiant) et propriétaire, la Gécamines dispose d’un droit de préemption en plus d’un droit d’approbation en cas de changement de contrôle direct ou indirect.
En 2015 sous Joseph Kabila, la Gécamines avait conclu un accord de bail visant à céder pour 25 ans ses droits d’exploitation sur un permis de cuivre-cobalt. C’est sur ce permis que se situe Mutoshi (province du Katanga) le projet phare de Chemaf en RDC. Soutenue financièrement par le négociant de matières premières Trafigura, le groupe chinois y planifie, depuis 2018, un complexe capable de livrer 16.000 tonnes de cobalt et 50.000 tonnes de cuivre par an.
Chemaf Resources a cependant été mise en vente l’année dernière, en raison d’une pénurie de liquidité qui l’empêchait de mobiliser les fonds nécessaires au développement de ce complexe dans un contexte de chute des prix du cobalt.
Dans ce cadre, la société enregistrée sur l’île de Man avait annoncé, dans un communiqué publié le 27 juin dernier, avoir accepté une offre de rachat présentée par le groupe chinois Norin Mining.





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