Le pipe-line par lequel Niamey va assurer l’exportation de son pétrole via le port de Cotonou n’est pas seulement l’illustration la plus marquante de la coopération avec Cotonou, mais ce projet se veut surtout un «lièvre» de la stratégie de la mutualisation des infrastructures prônée dans la sous-région. Le coup d’État du 26 juillet dernier au Niger avait laissé planer quelques doutes sur sa réalisation.
Depuis que la junte militaire a pris le pouvoir le 26 juillet dernier, le Niger croule sous une avalanche de sanctions. A celles très dures, imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’ajoutent la suspension de l’aide au développement par plusieurs capitales occidentales et depuis hier, l’exclusion de l’AGOA, un accord permettant aux pays africains d’exporter vers les Etats-Unis en franchise de droits de douane. Dans ce tableau sombre, la mise en service de l’oléoduc le 1 er novembre dernier, permettant d’acheminer le pétrole nigérien vers le port de Cotonou, est une petite lumière pour les militaires au pouvoir à Niamey.
La cérémonie s’est déroulée en grande pompe à Koulélé, sur le site pétrolier d’Agadem, dans la région de Diffa, au sud-est du Niger. Elle a été présidée par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, en présence de Simon Pierre Bossim et Bintou Camara, respectivement ministres de l’Énergie du Burkina Faso et du Mali, deux pays soutiens de la junte nigérienne.
Pour nombre d’observateurs, la mise en service de cette infrastructure pétrolière, stratégique autant pour le Niger que pour le Bénin, est une brèche ouverte dans le mur des sanctions de la Cédéao. Elle augure peut-être un fléchissement de l’Organisation et un début de réchauffement des relations avec le voisin béninois.
Pour les deux parties les intérêts en jeu sont très importants. Côté béninois, ce sont quelque 490 millions de dollars de recettes fiscales qui sont attendues de ce projet sur 20 ans, sans compter les retombées techniques en termes de transfert de compétences et de formation des cadres dans le secteur.
Du côté nigérien, on s’attend à ce que l’oléoduc, construit sur environ 2.000 km, soutienne de manière substantielle, la croissance économique qui pourrait atteindre les 12 %, portée par une augmentation des recettes fiscales de 45 %.
La construction du pipeline Niger-Bénin, destiné à l’exploitation des ressources pétrolières d’Agadem, a coûté aux deux pays, un investissement d’environ 4,5 milliards de dollars. L’installation devrait permettre au pays d’exporter sa production d’or noir qui devrait atteindre à terme, 110 000 b/j contre 20 000 b/j actuellement.





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