Le Qatar est de nouveau sous le feu des critiques sur le sort réservé aux travailleurs étrangers employés sur les chantiers des stades de la Coupe du monde.
Dans un rapport publié jeudi 10 novembre relayé par l’AFP, l’ONG britannique Equidem dénonce un système de «discrimination et l’exploitation», qui, selon elle, persiste malgré les réformes du droit du travail menées par Doha. L’ONG s’appuie sur les témoignages d’une soixantaine de migrants, principalement népalais, indiens et kényans.
Dennis à 38 ans. En 2020, il décide de partir travailler au Qatar dans l’espoir d’y trouver un meilleur salaire qu’au Kenya. Une agence de recrutement lui promet un contrat d’officier de sécurité dans un hôtel réputé de Doha. Mais dès l’arrivée au Qatar, c’est la désillusion : «On est venu me chercher à l’aéroport pour me conduire à l’endroit où je devais travailler. Et je me suis retrouvé dans une entreprise de construction à porter des briques, comme un aide-maçon. Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Mais je n’avais pas le choix, il fallait travailler.»
14 heures de travail par jour pour 10 minutes de pause
Et d’autant moins le choix qu’au Kenya, Dennis s’est endetté pour payer son agence de recrutement 1 300 dollars pour un contrat dont aucune clause ne sera respectée : ni la fonction, ni le salaire qui sera finalement de 30% de moins qu’annoncé pour un rythme de travail effréné.
«Nous étions censés travailler 8 heures par jour, mais en fait, c’était plutôt 13 ou 14 heures avec 10 minutes de pause, le temps d’avaler à manger et à boire. Et tu retournes travailler. Aujourd’hui, j’ai encore des douleurs. Vous savez, rester si longtemps, sans s’asseoir, à porter des choses lourdes. Certains jours, je devais assister deux maçons au lieu d’un et le superviseur nous disait : ‘vous devez travailler dur parce que le stade doit être terminé en 2022 pour la Coupe du monde. Et si on demandait le paiement des heures supplémentaires, ils nous menaçaient de nous licencier».
Avec l’AFP





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