A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Les Etats membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pourraient débloquer un 1/3 de leurs réserves stratégiques de pétrole afin de faire face aux perturbations liées à la guerre en Iran
Au cours d’une réunion d’urgence tenue ce mercredi 11 mars, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont convenu de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques d’or noir et de les injecter sur le marché pour contenir la flambée des cours.
Ces stocks d’urgence du pétrole s’élèvent à plus de 1,2 milliard de barils auxquels s’ajoutent environ 600 millions de barils détenus par des entités privées au titre d’obligations légales. «Les défis auxquels le marché pétrolier est confronté sont d’une ampleur sans précédent ; je suis donc très heureux que les pays membres de l’AIE aient réagi par une action collective d’urgence d’une dimension inédite,» s’est réjoui Fatih Birol, le Directeur exécutif de l’AIE.
Le chiffre de 400 millions de barils est en effet plus de deux fois supérieur aux 182 millions de barils qui avaient été libérés en 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. L’AIE n’a toutefois pas détaillé le rythme, ni les modalités de déblocage de ces barils. «Les stocks d’urgence seront mis à la disposition du marché selon un calendrier adapté à la situation nationale de chaque pays membre et seront complétés par des mesures d’urgence additionnelles de la part de certains pays,»indique l’AIE.
Avant la guerre actuelle contre l’Iran, 20 millions de barils par jour (b/) de pétrole transitait par le détroit d’Ormuz, qui relie le Golfe persique à l’océan Indien. Selon le groupe helvétique UBS, des pipelines saoudiens et émiratis permettraient de détourner 5,5 millions de b/j et les flux iraniens, qui continuent à emprunter le détroit, s’élèvent à 1,7 million de b/j.
La Chine, qui n’est pas membre de l’Agence internationale de l’énergie, pourrait également débloquer une partie de ses propres réserves qui s’élèvent à environ 1,2 milliard de barils.
Le cours du pétrole a peu réagi à cette décision historique de l’AIE qui avait été largement anticipée par le marché. Ce mercredi 11 mars, le prix du Brent grimpait de 3%, à 91 dollars en recul de 24% par rapport au record atteint lundi 9 mars à plus de 119 dollars.











