500.000 tonnes de bois ont été illégalement exportées chaque année en Chine entre 2017 et 2023, dont la majorité sous forme de grumes, révèle une enquête réalisée par l’Agence d’enquête environnementale, une ONG britannique qui dénonce le pillage des ressources forestières du Mozambique. Elles entraîneraient un manque à gagner d’environ 500 millions de dollars, selon les estimations de l’ONG. Ces échanges se sont maintenus même si l’exportation des grumes provenant d’espèces d’arbres indigènes est interdite
Ce commerce illégal est rendu possible par la corruption systémique qui imprègne chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, de la forêt au port. Les sources interrogées par l’ONG britannique décrivent des pots-de-vin allant des négociants chinois à des fonctionnaires haut placés, à des agences telles que les autorités douanières et fiscales, le ministère de la Terre, de l’Environnement et du Développement rural, ainsi qu’au personnel de sécurité et de police.
Ce commerce profiterait aussi à plusieurs armateurs qui offrent leurs services de fret pour ces marchandises, dont le groupe CMA-CGM, le danois Maersk, ou encore l’italo-suisse MSC qui acheminent des milliers de conteneurs transportant du bois sous forme de grumes vers la Chine. «Les compagnies maritimes et les pays importateurs, comme la Chine doivent changer leur mode opératoire actuel et aider les autorités mozambicaines en faisant respecter les lois nationales et les obligations découlant des traités internationaux, afin de mettre un terme à ce commerce illégal qui détruit les forêts et nuit à la population du Mozambique», recommande l’ONG. Selon les données officielles, le Mozambique connaît une déforestation rapide, la couverture forestière du pays passant de 88 % en 1980 à 43 % en 2020, soit une perte de plus de 250.000 hectares par an.





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