Alors que l’agence de notation financière assure avoir dégradé la note souveraine du Nigéria en se fondant sur la détérioration de la situation budgétaire de l’Etat, la hausse du service de la dette et les pénuries récurrentes de devises, Abuja conteste et dit «avoir pris plusieurs mesures pour stabiliser l’économie».
La ministre nigériane des Finances, Zainab Shamsuna Ahmed, a déclaré jeudi 2 février, qu’elle n’était pas d’accord avec la dégradation «surprise» de la note souveraine du pays par l’agence de notation Moody’s. «L’abaissement de la note du Nigeria par Moody’s a été une surprise pour nous, car nous avions présenté tout le travail que nous avons fait pour stabiliser l’économie», a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse. Et d’ajouter : «Mais ce sont des agences de notation externes qui n’ont pas la pleine compréhension de ce qui se passe dans notre environnement domestique». Le 27 janvier dernier, Moody’s avait abaissé la note souveraine du Nigeria de «B3» à «Caa1», motivant sa décision par la détérioration de la situation budgétaire consécutive au recul de la production pétrolière, les pénuries récurrentes de devises et la hausse du service de la dette.
La ministre nigériane des Finances a, d’autre part, indiqué qu’elle s’attend à ce que l’évaluation de la situation économique du Nigeria par S&P Global Ratings (ndlr : le concurrent de Moody’s) attendue ce vendredi 3 février, «soit plus positive».
«L’évaluation de S&P n’est pas la même que celle de Moody’s, selon Abuja qui révèle que l’agence a émis «une bien meilleure évaluation».
Le Nigeria qui se prépare à une présidentielle pleine d’incertitudes à la fin de cette année, est engluée dans des difficultés économiques. Le géant pétrolier et gazier, première économie du continent en termes de PIB, avait perdu en juin 2022 son rang de premier producteur de pétrole africain en raison de la recrudescence des actes de vandalisme ciblant les oléoducs et des vols de brut à grande échelle. Mais le gouvernement a annoncé une reprise progressive de la production, à la suite de l’intervention de l’armée dans le bassin pétrolier du delta du Niger.
Le pays souffre par ailleurs d’une pénurie chronique de devises et d’un service de la dette élevé, qui siphonne une importante partie des recettes de l’Etat.





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