Après sa prise de contrôle par Clasquin, un spécialiste de l’ingénierie en transport aérien et maritime et en logistique Overseas, TIMAR, un leader du transport international de marchandises au Maroc, élève les nouvelles ambitions de l’entité (TIMAR by Clasquin) issue de cette acquisition. Entretien avec Olivier Puech, P-DG du Groupe TIMAR.
AFRIMAG : Annoncée mi-janvier dernier, la prise de contrôle du groupe TIMAR par le groupe Clasquin est actée depuis mars dernier. Pour beaucoup d’experts, cette acquisition va contribuer à diversifier la palette de la seule ETI multinationale française dans le secteur du freight forwarding et de la logistique overseas pour renforcer la position de cette dernière sur la zone Euromed-Afrique.
Comment TIMAR va-t-il intégrer son réseau de filiales opérationnelles au Maroc, au Portugal, en Espagne, en Tunisie, en Mauritanie, au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire par rapport à la stratégie de développement de sa nouvelle maison-mère sur la zone Euromed-Afrique ?
Olivier Puech : Le groupe Clasquin s’est initialement développé sur l’axe Asie/Europe. Puis il s’est peu à peu diversifié sur d’autres flux dont ceux de la Région Afrique depuis une dizaine d’années.
Comme le continent africain va prendre une place incontournable dans les échanges de demain, la stratégie du groupe Clasquin pour cette région est devenue beaucoup plus ambitieuse et la prise de participation et de contrôle chez TIMAR s’inscrit dans cette dynamique.
Ainsi, cette approche permet au groupe Clasquin de se positionner rapidement et très fortement sur le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.
C’est dire qu’en acquérant TIMAR et ses filiales européennes (Portugal, Espagne), toutes spécialisées dans le transport routier Ro-Ro entre l’Europe et le Maghreb, l’opération renforce un produit qu’elle opérait déjà à travers une de ses Filiales LCI/Clasquin sur l’Axe France/Tunisie. Il en découle que la réunion des deux forces du groupe au sein d’une organisation commune Clasquin-Euromed font de l’ensemble un des leaders du fret routier entre les deux rives de la Méditerranée.
Sur le terrain, Clasquin intègre également les entités ouest-africaines du Groupe TIMAR présentes en Mauritanie, au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Celles-ci viennent s’ajouter aux filiales ou représentations de Clasquin dans cette région (Burkina, Togo). Ce faisant et avec toutes ces forces réunies autour d’un même management, d’une même vision et des mêmes outils, Clasquin renforce considérablement son offre sur l’Afrique de l’Ouest.
Aujourd’hui, TIMAR peut désormais se positionner vis-à-vis de ses clients comme un acteur régional capable de proposer toutes les solutions de transport possibles et l’expertise douane dans cette partie du continent africain.
Par ailleurs, il faut noter que TIMAR s’est pleinement investi ces dernières années pour développer les flux entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, notamment en mode camion. C’est un produit innovant qui peut permettre aux clients européens, africains, ou du reste du monde, de pouvoir transiter par le Maroc, bien connecté, pour aller ensuite plus vite vers les pays d’Afrique de l’Ouest.
Avec cette acquisition, Clasquin s’est donc renforcé sur son Offre Monde/ Maghreb et Afrique avec la possibilité de proposer à ses clients l’utilisation du Maroc comme Hub ou tête de pont. Peu de réseaux de transport ont une offre aussi complète sur ces régions.
AFRIMAG : Sur le terrain, comment les clients de TIMAR profitent-ils de cette nouvelle synergie avec le groupe Clasquin ?
Olivier Puech : Pour nos clients marocains, cette opération d’acquisition est une opportunité réelle qui leur est offerte de pouvoir consolider leur partenariat avec nous. Nous avons désormais, grâce à Clasquin, une offre maritime et aérienne encore plus complète. Cette offre va être enrichie par les outils digitaux qui sont le «plus» proposé par le groupe aux clients.
Au niveau de TIMAR, nous allons pouvoir bientôt décliner ces outils auprès de nos clients, après avoir intégré le système d’information de Clasquin. Ainsi, nos clients marocains auront la possibilité de nous utiliser sur tous les modes de transport et vers toutes les destinations.
AFRIMAG : Comment votre clientèle a-t-elle accueilli ce rapprochement avec le groupe Clasquin ?
Olivier Puech : Notre clientèle l’a bien accueilli. Nous travaillions déjà avec le groupe via leur filiale LCI depuis très longtemps dans le secteur du transport routier.
Clasquin a repris toutes nos entités mais nous a aussi permis de garder tous nos partenaires notamment sur le Ro-Ro, notre produit phare. Nos clients ont pu constater que le réseau qui traitait leurs flux est resté le même ainsi que leurs interlocuteurs. Pour l’heure, c’est la continuité. Mais au fur et à mesure de l’intégration, ils apprécieront plus positivement ce rapprochement grâce à l’enrichissement de l’offre.
AFRIMAG : Quid aujourd’hui de la nouvelle gouvernance de TIMAR SA.?
Olivier Puech : En tant que société cotée, notre gouvernance ne peut pas souffrir de légèreté et est déjà très encadrée. En termes de management, notre équipe reste la même, mais l’arrivée de Clasquin est une belle opportunité de nous améliorer encore.
Clasquin arrive avec son expertise et son expérience acquises à l’international dans une trentaine de pays. C’est un groupe avec des cultures très diverses du fait de sa présence sur les cinq continents. Nous allons bénéficier de leurs expériences et des techniques qu’ils ont mises en place, tout en les adaptant à notre contexte local car ils nous font confiance. C’est une source de proposition et d’amélioration.
Nous estimons avoir réussi à mettre en place, grâce à nos managers et l’adhésion de notre personnel, un système de management efficace qui a porté très haut TIMAR dans son secteur et sa région.
Mais pour pouvoir faire encore mieux et plus vite dans ce monde qui change si rapidement, il nous fallait un apport extérieur. Nous l’avons trouvé avec ce groupe international.
Ceci dit, il faut noter que si notre autonomie reste grande, elle est maintenant logiquement encadrée par la stratégie du groupe.
AFRIMAG : Le nom et l’identité visuelle de TIMAR seront-ils maintenus ou disparaîtront-ils au profit du Groupe Clasquin ?
Olivier Puech : La marque TIMAR va rester car elle jouit d’une très forte notoriété, particulièrement au Maroc et en Afrique de l’Ouest. Ce qui constitue un atout pour notre repreneur.
Cela dit, il faut noter que Clasquin est aussi une marque forte porteuse de qualité et d’ambitions. Le choix est donc naturellement d’associer le nom TIMAR à celui de notre repreneur : “TIMAR by Clasquin”.
AFRIMAG : Ce rachat maintiendra-t-il les emplois, les augmentera-t-il ou au contraire les réduira-t-il ?
Olivier Puech : L’opération s’est faite parce que la reprise était quasi totale.
En dehors de quelques ajustements locaux liés à une situation économiques difficile, presque tous les employés gardent leur poste. Mais cette nouvelle organisation est source de dynamisme, d’optimisme et d’ambition, si bien qu’il y a déjà eu au sein du groupe Clasquin des embauches pour pousser les flux. Nul doute que très vite il y aura de la création de plus d’emplois en Afrique ; d’ailleurs le mouvement est déjà amorcé et il va s’amplifier.





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