Le Président Trump peut attendre Godot ! Le prix Nobel de la paix 2025 a été attribué à la femme politique vénézuélienne María Corina Machado. Le comité n’a pas cédé aux insistantes demandes de Donald Trump qui n’a cessé de revendiquer cette distinction
Tant pis pour Donald Trump. Le prix Nobel de la paix 2025 a été décerné vendredi 10 octobre à María Corina Machado pour «son travail inlassable en faveur des droits démocratiques du peuple vénézuélien et pour son combat en faveur d’une transition juste et pacifique de la dictature à la démocratie.»
Ce prix était ardemment convoité par le président américain, qui martèle, depuis son retour à la Maison-Blanche, qu’il «mérite» le Nobel, revendiquant un rôle dans la résolution de multiples conflits, un palmarès que les experts jugent très exagéré.
En 2024, le prix de la paix était allé à Nihon Hidankyo, un groupe de survivants de Hiroshima et Nagasaki qui militent pour l’interdiction au niveau mondial des armes nucléaires.
Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de onze millions de couronnes suédoises (environ 1 million d’euros).
L’accord de Gaza pas pris en compte
Composé de cinq membres, le comité Nobel prend généralement sa décision plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant l’annonce officielle, et se réunit une dernière fois dans la dernière ligne droite avant ladite annonce pour peaufiner ses attendus. La dernière réunion du comité s’est tenue lundi 6 octobre. Ainsi, l’accord entre Israël et le Hamas trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi n’a eu«absolument aucune conséquence» sur le choix du lauréat 2025 car «le comité Nobel a déjà pris sa décision,» a précisé jeudi 9 octobre l’historien Asle Sveen, spécialiste du Nobel. Et encore, faut-il que cet accord de paix, que Trump imagine comme le plus important de la région depuis 3000 ans, s’installe dans la durée avec des effets positifs pour les deux parties.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump lorgnait sur le prix, revendiquant un rôle dans la résolution de multiples conflits dans le monde. Il avertissait qu’il prendrait comme «une insulte» le fait que la décoration lui échappe. «Tout le monde dit que je devrais l’avoir,» avait-il même lancé fin-septembre depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU. Après l’accord pour le cessez-le-feu à Gaza, le service de communication de la Maison Blanche s’est empressé de concocter un visuel partagé sur les réseaux sociaux, rebaptisant Donald Trump «The Peace President» (Le président de la Paix).
Son proche allié, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, a proposé son nom pour la distinction, tout comme les gouvernements du Pakistan et du Cambodge avant lui. Le président égyptien al-Sissi, a estimé jeudi 9 octobre que son homologue américain «méritait» le prix.
Mi-septembre, face aux pressions émises outre Atlantique, le comité du Nobel de la paix, basé en Norvège, s’était fendu d’une déclaration pour rejeter toute influence. «Nous voyons bien qu’il y a beaucoup d’attention médiatique autour de certains candidats. Mais cela n’influe en rien sur les discussions en cours au sein du comité qui examine chaque candidature en fonction de ses propres mérites,» avait déclaré son porte-parole Kristian Berg Harpviken.
María Corina Machado remporte donc le précieux prix tant convoité, mais également un chèque non négligeable : la coquette somme de 11 millions de couronnes suédoises, soit près de 950 000 euros, en plus d’une médaille d’or de 18 carats.
Cela étant, après les prix de médecine, physique, chimie, littérature et paix décernés cette semaine, la saison Nobel s’achèvera lundi à Stockholm avec l’attribution du prix d’économie.
Avec différents médias











