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PEA 2018 : 130 à 170 milliards de dollars pour les infrastructures

Le Rapport annuel de la BAD appelé «Perspectives économiques en Afrique» (PEA) a été présenté à Abidjan le 17 janvier dernier. Les tendances lourdes pour les 54 pays appellent à l’optimisme, même si les disparités entre régions économiques sont grandes. C’est d’ailleurs pour cette raison que la banque panafricaine a innové cette année en proposant, dans les prochaines semaines, une série de rapports consacrés à l’économie de chacune des cinq régions.

Les données du PEA peuvent cependant être qualifiées de « préliminaires » puisqu’elles doivent être actualisées pour être présentées aux assemblées annuelles de la BAD qui se tiendront du 22 au 25 mai 2018 à Busan (Corée du Sud). En attendant ce grand rendez-vous, les PEA livrent, sous forme de propédeutique, les principaux enseignements entre 2017 et les prévisions pour 2018.

Estimée à 3,6 % pour 2017, la croissance de la production réelle devrait atteindre 4,1% en 2018 et 2019. « Dans l’ensemble, la reprise de la croissance a été plus rapide que prévue, en particulier dans les pays dépendant peu de leurs ressources naturelles », estime la BAD. L’Afrique accompagnerait ainsi en 2018 le mouvement général d’une économie mondiale qui, elle aussi, est « en meilleure forme, avec une croissance plus rapide et des marchés dynamiques des capitaux.» Avec plus de 100.000 milliards de dollars EU d’actifs gérés dans le monde par des investisseurs institutionnels et des banques commerciales à la recherche de bons rendements, les pays africains disposent aujourd’hui d’une série d’options, en plus de leurs ressources nationales et de l’aide étrangère, pour financer leurs investissements. Une nouvelle analyse de l’institution financière africaine révèle que les besoins d’infrastructures du continent se chiffrent entre 130 et 170 milliards de dollars EU par an. Un montant nettement plus élevé que les 93 milliards annuels longtemps avancés. Les pays africains ne sont toutefois pas obligés de résoudre tous leurs problèmes d’infrastructures pour réaliser une croissance inclusive. Ils doivent se concentrer sur la meilleure façon d’utiliser leurs budgets d’infrastructures limités pour obtenir les rendements économiques et sociaux les plus élevés. Comme le note ce rapport, les projets d’infrastructures sont parmi les investissements les plus profitables qu’une société puisse effectuer. Quand ils sont productifs, ils contribuent à la croissance économique du pays et la soutiennent. Ils fournissent donc les ressources financières nécessaires pour réaliser d’autres objectifs. Les PEA 2018 ne versent pas dans la nuance en soulignant que « des défis persistent, en particulier en ce qui concerne les stratégies de transformations structurelles susceptibles de créer plus d’emplois et de réduire la pauvreté. »

Ainsi, les pays africains « doivent impérativement renforcer l’investissement dans l’agriculture et y développer des chaines de valeur qui permettront de dynamiser le secteur manufacturier moderne et les services. »

L’un des points cruciaux évoqués également par le Rapport PEA 2018 est le retour insidieux de la dette qui, « dans un contexte de baisse sensible de l’Aide publique au développement (APD) extérieure », a poussé certains gouvernements à emprunter pour financer les infrastructures et les secteurs sociaux, en se tournant vers les marchés internationaux des capitaux. Résultat : une accumulation de dettes, souvent à des conditions commerciales. C’est le cas notamment de la Mauritanie qui a scellé en 2017 plus de 20 conventions essentiellement avec les fonds arabes. A la décharge de ce pays, et de tous ceux qui ont dû subir de telles contraintes : « la fin du super cycle a vu les recettes tirées des exportations primaires se réduire, sapant ainsi les investissements prévus. Une raison suffisante, une fois encore, pour lancer un appel à la diversification des productions pour résister aux chocs exogènes futurs.

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