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Périple africain de Victoria Nuland : La Sous-secrétaire d’Etat américaine décline la politique étrangère du Président Biden

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L’ambassadrice Victoria Nuland, Sous-secrétaire d’État américaine chargée des Affaires politiques achève une tournée africaine dans quatre pays : Afrique du Sud, Botswana, Tanzanie et Niger. À l’issue de cette première tournée à la tête d’une importante délégation américaine en Afrique depuis l’accession au pouvoir du Président Joe Biden, elle a donné un point de presse jeudi 5 août 2021 au cours duquel  l’essentiel de la politique étrangère américaine en Afrique a été déclinée.

 La lutte contre la pandémie du Coronavirus reste une préoccupation majeure dans tous les pays du monde. L’Afrique du Sud frappé de plein fouet par le variant Delta reste le pays africain le plus touché sur le continent. C’est pourquoi lors de son passage dans ce pays, la délégation américaine conduite par Victoria Nuland a offert 5,66 millions de doses de vaccins Pfizer. Ces vaccins renforceront la lutte que mène les autorités sud-africaines face au Covid-19. Selon Statistics South Africa, l’agence sud-africaine de statistiques, l’espérance de vie du pays aura baissé de quatre ans depuis les douze derniers mois en raison du Covid-19. La Nation Arc-en-ciel compte à ce jour près de 69.000 décès dus au Coronavirus. La délégation américaine s’est également penchée sur le récent partenariat ficelé entre les laboratoires Pfizer et BioNtech et l’entreprise sud-africaine Biovac pour la production de vaccin contre le Covid-19. Cette unité de production située à Cape-Town approvisionnera tant l’Afrique du Sud que plusieurs autres pays africains.

La sécurité sanitaire a été également au cœur des échanges entre la délégation américaine et les autorités du Botswana, de la Tanzanie et du Niger. Sur cette question, Victoria Nuland et sa délégation ont un avantage comparatif dont ils usent à souhait. En effet, le vaccin américain Pfizer est à ce jour le plus utilisé dans le monde. Après avoir conquis l’Union européenne (600 millions de doses commandées), la Grande-Bretagne (40 millions) et le Japon (140 millions), le laboratoire américain compte bien s’imposer sur le continent.

Lutte contre le terrorisme : Vers une forte implication des forces locales.

La lutte contre le terrorisme fut également au cœur des échanges notamment en Afrique australe et au Mozambique dont la situation menace la stabilité de toute la sous-région. Cependant, cette question s’est tout naturellement imposée au Niger, point d’orgue du périple de la Sous-secrétaire d’Etat américaine. En effet, le Sahel reste l’une des régions au monde où les terroristes ont pignon sur rue. Leur dernière signature dans cette région est toute récente, début août, affrontements au cours duquel 15 soldats nigériens ont perdu la vie dans une région frontalière avec le Burkina-Faso. Pour la Sous-secrétaire d’Etat américaine, stabilité politique et défis sécuritaires sont intrinsèquement liés. C’est pour cela que la diplomate insiste sur l’appui technique de son pays pour renforcer la démocratie dans les pays africains.

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Par ailleurs, elle s’est également félicitée des tractations menées par la France afin que d’autres pays européens se joignent à la force Barkhane qui cédera place à la nouvelle force Takuba. Mais la diplomate américaine riche de ses 32 ans d’expérience sait aussi tirer des leçons des échecs de la politique étrangère américaine dans d’autres régions du monde. C’est pourquoi elle insiste par-dessus tout une stratégie sur l’implication des pays concernés ainsi que sur une action coordonnée et cohérente des forces en présence. «Nous allons donc nous efforcer de rassembler certaines de nos activités de manière plus cohérente et essayer de combiner les efforts internationaux de façon plus intelligente et aussi de travailler étroitement que possible avec les éléments du G5 Sahel parce qu’ils connaissent mieux que nous leurs pays. Une manière pour nous  autres de pouvoir mieux coordonner nos efforts pour cibler justement là où se situent les problèmes afin d’apporter des solutions durables à ces territoires du Sahel qui sont vraiment terrorisés». L’échec de la politique américaine en Afghanistan reste fort présent dans les esprits.

Prosper Africa : Nouvelle arme économique du State Department 

Prosper Africa est un programme initialement lancé par l’administration Trump à l’intention de grandes entreprises en remplacement du African Growth and Opportunity Act. (AGOA). La nouvelle administration américaine l’a révisé afin d’offrir un champ d’opportunités réciproques aux petites et moyennes entreprises (PME) américaines et africaines dans leur expansion. En effet, le tissu économique africain est essentiellement constitué des PME/PMI. L’objectif à travers ce programme selon Victoria Nuland est d’appuyer les PME/PMI de part et d’autre  dans des partenariats stratégiques qui leur profitent mutuellement : «Ce que nous allons faire, c’est élargir et approfondir notre relation économique maintenant et nous servir de Prosper Africa pour nous concentrer sur les moyennes et petites entreprises qui ont souvent des difficultés, qu’il s’agisse d’entreprises américaines ou africaines – pour trouver des partenaires, savoir comment travailler dans un autre pays, comprendre les règles en matière d’exportation, s’y retrouver dans les préférences commerciales». Ce programme compte également soutenir les initiatives locales et féminines. La diplomate américaine a notamment insisté sur le fait que ce genre d’initiatives contribuent fortement à réduire la pauvreté et ainsi faire reculer l’expansion de l’extrémisme notamment dans les régions reculées. Prosper Africa compte s’appuyer sur la diaspora africaine très présente aux États-Unis. Selon les statistiques du département américain du Commerce, le solde commercial entre les USA et l’Afrique reste largement bénéficiaire au continent. Cependant, l’Afrique n’exporte encore que pour moins de 2 milliards de dollars de produits vers les États-unis ce qui représente à peine 1% des importations américaines.

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Cette tournée de la délégation américaine conduite par Victoria Nuland annonce aussi une rencontre prévue aux États-unis en 2022 entre le Président Joe Biden et ses homologues africains. Pour la diplomate américaine, il est important de désormais s’inscrire dans une vision à long terme, voir au-delà de la crise économique.

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