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Depuis le 7 décembre, elle s’exprime sur les réseaux sociaux, où de nombreuses voix, au Bénin comme au sein de la diaspora, ont exprimé leur refus du chaos et leur fidélité à la démocratie.

Samedi 13 décembre 2025, Cotonou a marché pour la démocratie. Six jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre, les Béninois ont choisi la rue pour défendre l’ordre constitutionnel, rappeler leur attachement aux règles républicaines et rejeter toute prise de pouvoir par la force. Cette mobilisation n’est pas restée cantonnée à l’espace public.

Dans l’administration, la consigne était claire : retour au travail. Les ministères du centre-ville ont ouvert à l’heure habituelle, les agents se sont présentés comme un lundi normal, les réunions programmées ont été maintenues. Les établissements scolaires ont eux aussi assuré la continuité. Dans les écoles primaires de quartiers comme Akpakpa ou Saint-Michel, la cloche a sonné comme d’ordinaire. Les lycées et universités ont maintenu examens et contrôles, élément clé pour des familles qui redoutent toujours les retards de calendrier scolaire.

Lundi matin, peu après 7 heures, la circulation était déjà dense sur l’axe Godomey-Cotonou. En moins de vingt-quatre heures, la capitale économique du Bénin a repris le visage d’une ville ordinaire, loin des images de coups de feu et de prise de contrôle de la télévision nationale qui ont marqué la matinée de dimanche avant que l’ordre soit rapidement de retour.

«Un groupuscule de soldats, sous prétexte de revendications fallacieuses, a entrepris une mutinerie à l'effet de s'attaquer aux institutions de la République et de déstabiliser notre nation en remettant ainsi en cause l’ordre démocratique,» a-t-il déclaré, estimant qu’une telle entreprise « aurait eu pour conséquence de plonger notre pays dans une aventure sans lendemain aux conséquences désastreuses.»

Après quelques heures de flottement et d’incertitude, le chef de l’Etat béninois, Patrice Talon, est apparu sur les antennes de la télévision nationale dimanche soir pour confirmer l’échec de la tentative de coup d’Etat et rassurer la population. Dans une allocution solennelle, il a indiqué que «la situation était sous contrôle» et apporté des précisions supplémentaires sur les événements qui ont failli vaciller la République et plonger le Bénin dans l’inconnu.

Dès le début de son discours, le ministre de l’Économie et des Finances a donné le ton :«cette investiture n’est pas seulement celle d’un homme, d’une femme ou d’un camp politique. Elle est un moment qui appartient à toute la Nation béninoise.

À Parakou, la cérémonie d’investiture du duo présidentiel a pris la forme d’un moment d’unité nationale. Entouré des principaux responsables de la mouvance, Romuald Wadagni a été présenté comme le candidat du rassemblement, à la fois héritier d’une vision et symbole d’une nouvelle génération qui place le collectif au cœur de l’action publique

Le Bénin veut montrer qu’il n’est plus seulement candidat aux financements internationaux mais capable de mettre en place des outils lisibles, comparables et crédibles pour transformer ses ambitions climatiques en projets bancables. Dans un contexte où l’accès au capital dépend de plus en plus de la capacité à prouver l’impact, la démarche illustre un repositionnement stratégique. Ce choix intervient à un moment charnière : l’Afrique fait face à un besoin massif de financement climatique, estimé par la Banque africaine de développement à plus de 250 milliards de dollars par an d’ici 2030. En adoptant un cadre aligné sur les meilleures pratiques internationales, Cotonou cherche à se différencier et à se placer dans la même ligue que les pionniers régionaux comme le Nigeria ou l’Égypte.

Cap sur la finance verte. En s’alignant sur les référentiels ICMA/LMA 2025 (référentiels internationaux qui fixent les bonnes pratiques des obligations et prêts verts) et en obtenant une opinion indépendante de Sustainable Fitch jugée «Bon,» dont quatre piliers sont classés «Excellents,» le Bénin envoie un signal fort aux investisseurs