C’est notre confrère Ecofin qui le rapporte. Le Programme des Nations unies pour le Développement (Pnud) se joint à son tour au procès fait par certaines voix en Afrique des méthodes d’évaluation de trois agences mondiales de notation financière, Fitch Ratings, S&P Global Ratings et Moody’s. A en croire le PNUD, la méthodologie utilisée par ces agences coûterait au continent des opportunités de financement estimées à 74 milliards de dollars.
Selon le Pnud, les approches de S&P Global Ratings, Moody’s et Fitch Ratings ne seraient pas adaptées à l’Afrique car elles reposent sur des algorithmes préparés pour une certaine approche de la macroéconomie et ne prennent pas en compte les réalités plus concrètes et spécifiques. Rien que ça ! Le Pnud reprochent aux analystes de ces agences de notation de «manquer de précision en produisant des analyses de risque qui tiennent compte de la vision courante des investisseurs sans évaluer en détail la réalité africaine». Cette petite musique de l’agence onusienne que certains dirigeants africains avaient déjà lancée, est pour le moins surprenante. Pourquoi les autres pays ailleurs dans le monde n’en diraient pas autant ? Jusqu’à preuve du contraire, si le malade a de la fièvre, ce n’est pas de la faute du thermomètre.
La réalité est que plusieurs pays africains n’aident pas non plus à améliorer cette situation. Les données statistiques n’y sont pas toujours fiables, ni à jour ou arrivent souvent avec un décalage dans le temps, ce qui contraint les agences de rating à procéder par des estimations.
Dans son rapport, le Pnud indique que sur les 32 pays évalués en 2023 par les trois grandes agences de notation financière, 30 ont été considérés comme spéculatifs, y compris le Sénégal et la Côte d’Ivoire, qui sont pourtant présentés par Fitch Ratings comme des moteurs de la croissance en 2023 sur le continent, avec des progressions respectives de valeurs ajoutées estimées à 8,1% et 7%.
Cette sortie du Pnud arrive peu de temps avant l’annonce d’un accord pour accélérer la mise en œuvre du cadre du G20 pour la restructuration de la dette des pays en développement. Le poids que représentent les agences de notation pour ce processus n’a pas été abordé. Même si elles se défendent de ne fournir que des avis, plusieurs investisseurs s’appuient sur leurs commentaires pour évaluer la prime de risque à exiger de l’emprunteur.











