Le monde a frôlé le pire avec ce qui s’inscrit, désormais, dans l’Histoire comme la « guerre des 12 jours » entre Israël et l’Iran. Un remake de la guerre des 6 jours de 1967 où Israël a vaincu la coalition des pays arabes grâce aux soutiens militaires des Occidentaux, notamment des États-Unis et de la Grande Bretagne.
Une guerre qui, aux yeux de bon nombre d’observateurs, a fini sans vainqueur ni vaincu, Donald Trump, le Maître du jeu de la géopolitique mondiale ayant décidé de siffler la fin des hostilités après avoir lancé ses bombardiers stratégiques B2 contre les installations nucléaires iraniennes.
Une guerre asymétrique qui a permis de redessiner les contours de la nouvelle géopolitique mondiale affirmant le leadership militaire des Etats-Unis mais montrant, aussi, la fragilité de la paix sans l’implication de tous dans le renforcement de la sécurité collective intrinsèquement liée à ce concept de géopolitique mondiale vue comme l’interaction entre la politique et l’espace géographique, analysant les relations de pouvoir entre les États et les regroupements, ainsi que les enjeux territoriaux, environnementaux, démographiques et économiques qui les sous-tendent.
La compréhension des ressorts de la géopolitique mondiale permet de comprendre les conflits, les alliances et les dynamiques de puissance à l’échelle internationale, et d’anticiper les évolutions du monde.
Les dysfonctionnements de l’Ordre mondial ont pour cause l’évolution non maîtrisée d’un système international passé d’un monde bipolaire (guerre froide) à un monde multipolaire, avec l’émergence de nouvelles puissances et l’affirmation de blocs régionaux. Si les États-Unis ont réussi à maintenir la solidité militaire de l’OTAN et sa solidarité stratégique, malgré de fréquentes incompréhensions avec l’Europe, la perception de la menace commune par le bloc opposée (la Russie et la Chine) ne les empêche pas de se regarder en chiens de faïence, ne faisant jouer que très rarement le principe de « l’ennemi de ton ennemi est ton ami. » Cela s’est manifesté de manière tragique dans les prises de positions sur les conflits et tensions (Guerre Israël-Iran, Guerre en Ukraine, tensions en Asie-Pacifique, crises sanitaires, environnementales et sociales). Si certains blâment la Russie et la Chine pour n’avoir pas intervenu militairement pour soutenir l’Iran, d’autres saluent cette position de sagesse, face à l’esprit va-t-en guerre de Trump et de Netanyahu, qui a évité l’embrasement de toute une région, voire du monde.
Le dérèglement géostratégique qui instaure l’unilatéralisme dans les prises de décision de guerre ou de paix est tout aussi dangereux que celui qui menace l’environnement et le climat. La lutte pour les ressources naturelles (pétrole, minerais, eau), les enjeux liés au changement climatique et à la transition énergétique, les velléités d’extension territoriale en Palestine où la solution des deux États est de plus en plus menacée, posent la question de la nécessité de repenser la structure et les leviers de l’ordre mondial actuel.
Ce n’est pas un appel au retour à la Bipolarité au temps de l’URSS et de la guerre froide instaurant un équilibre de la terreur mais à une plus grande humanisation des rapports entre les pays du centre et de la périphérie.
L’attitude de l’Europe face à la guerre en Ukraine et la montée en puissance de la Chine relèvent d’un mouvement interne positionnant les acteurs de la politique mondiale sur le sort de ceux qui subissent les effets de leur lutte d’influence.
Le dernier conclave de l’OTAN, avec le leadership affirmé des US, a conforté l’Union européenne dans sa volonté de définir sa place dans un monde multipolaire et à faire face aux défis sécuritaires, économiques et énergétiques. D’autres enjeux comme la rivalité entre Washington et Pékin qui influence la stabilité régionale et mondiale et le rôle du « Sud global » dans la multipolarité doivent également être pris en compte dans la compréhension de la nouvelle géopolitique mondiale.
Les pays en développement revendiquent un rôle plus important dans les affaires internationales et cherchent à construire un ordre mondial plus équitable.
En résumé, la géopolitique mondiale est un domaine complexe et en constante évolution, où les interactions entre acteurs étatiques et non étatiques, les enjeux territoriaux, les rapports de force et les crises structurelles façonnent le monde dans lequel nous vivons. On gagnerait donc, pour assurer une réelle sécurité collective, à humaniser ces rapports en refondant tout le système de gouvernance mondiale.









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