Vendredi 1er décembre, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a annoncé les résultats définitifs des présidentielles du 16 novembre 2023. Dont une victoire au premier tour pour le Président sortant candidat à sa propre succession, Andry Rajoelina, avec 2.858.947 de voix, soit 58,96 % des suffrages exprimés. Il importe de préciser que sur les 11.043.846 des inscrits, seuls 5.119.018 ont voté, soit environ un taux de 46 %, que le Président de la HCC, Florent Rakotoarisoa argumentait qu’aller voter est un droit et que l’abstention est un choix. Le vote des citoyens n’étant pas obligatoire à Madagascar.

Les requêtes formulées par le candidat numéro 3 Siteny Randrianasoloniaiko – qui n’avait pas boycotté le scrutin comme le Collectif des 10 – aux disqualifications des candidats Daniela Raderanirina (candidat n° 11) et Andry Rajoelina (candidat n° 3) en raison de leur naturalisation française, et aux fins d’annulation des opérations sur l’ensemble du territoire ont été rejetées. Siteny Randrianasoloniaiko présenté par le parti PSD (du premier Président de Madagascar, Philibert Tsiranana) est en deuxième position avec 14,39 %. Et en troisième place – pour ceux qui bénéficient du remboursement de caution (ceux qui gagnent plus de 10 % de voix) – l’ancien président Marc Ravalomanana (candidat n°5) qui n’a pas fait campagne avec 12,09% .
Une investiture le 16 décembre
Dès le lendemain de ces résultats officiels, même si Andry Rajoelina n’a pas encore prêté serment, comme veut l’article 15 de la décision de la HCC, il s’est déplacé à Dubaï, centre de rencontre de la COP 28. Même s’il n’est pas à la tête officielle de la délégation malgache, l’occasion se présente pour lui de côtoyer les grands de ce monde. D’ailleurs, les Présidents des Comores (également de l’Union africaine), des Seychelles et du Sénégal ont salué la sa réélection pour son second mandat ! Son accolade avec le Président brésilien Lula Da Silva n’est pas passé inaperçue. Andry Rajoelina est accompagné en la circonstance de ses proches, en l’occurrence Naina Andriantsitohaina, maire de la capitale, de Patrick Rajoelina, conseiller spécial chargé de la diplomatie et de Valérie Zafindravaka, Secrétaire exécutif du programme national de financement «Fihariana.»
Vina Marie Orléa, ministre de l’Environnement peut être officiellement à la tête de la délégation malgache, mais avec la présence de son «ancien et futur Président», elle ne peut rien opposer. Alors que c’est ce non-respect des arrêts et décisions de la HCC qui auraient été déjà mentionnés comme déclencheurs de crises !
De leur séjour à Dubaï, la délégation d’Andry Rajoelina profite d’approcher le maximum de chefs d’État à sa deuxième investiture. Programmée au stade de Barea de Mahamasina le 16 décembre prochain, le groupe entend faire une démonstration de force. Sachant toutefois que des critiques et remarques urgentes ont été signalées lors du scrutin du 16 novembre dernier. Le communiqué émanant du Département des Etats-Unis est à lire entre les lignes.
Dans la foulée, Andry Rajoelina a assisté à la signature du Mécanisme africain d’assurance contre les risques climatiques (Acrifa) en présence d’Akinwuni Adenisa, Président de la Banque africaine de développement (BAD). Cette institution panafricaine mobilise une enveloppe financière d’1 milliard de dollars avec l’objectif de protéger les agriculteurs africains et les pays contre les phénomènes météorologiques catastrophiques et à stimuler les investissements du secteur privé dans l’agriculture en atténuant les risques. L’Acrifa a été largement saluée par les agences de développement, les compagnies d’assurance et le secteur privé présents à Dubaï.





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