Un accord a été trouvé hier mercredi 23 novembre à Luanda pour un «cessez-le-feu immédiat» dès vendredi à 18h00 dans l’Est de la République démocratique du Congo, à l’issue d’un mini-sommet sur fond de tensions entre Kinshasa et Kigali.
Le président congolais Félix Tshisekedi y était notamment réuni avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta, en l’absence du président Paul Kagame. La médiation était assurée par le président angolais Joâo Lourenço, et l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta et en présence du président burundais Evariste Ndayishimiye.
Le mini-sommet a décidé du « retrait du M23 des zones occupées et son repli vers ses positions initiales, sous le contrôle de la Force régionale et du mécanisme ad hoc de vérification, en collaboration avec la Monusco dans deux jours », souligne le communiqué final cité par l’agence Anadolu.
Avant ce retrait, le Kenya va déployer ses contingents à Bunagana, Rutshuru et Kiwanja lors du désengagement et le repli du M23 vers ses positions initiales, précise le texte. « Si le M23 refuse de se désengager et libérer tous les territoires qu’il occupe actuellement, les chefs d’Etat de la communauté des États d’Afrique de l’Est instruiront la Force Régionale à faire usage de la force pour les pousser à se soumettre », préviennent les dirigeants réunis hier à Luanda. Ils ont également ordonné la « cessation de tout soutien politico-militaire au M23 et à tous les autres groupes armés locaux et étrangers opérant dans l’Est de la RDC et dans la région ».
Les rebelles du M23 soutenus par Kigali et Kampala, seront désarmés et cantonnés en territoire congolais « sous le contrôle de l’armée congolaise, de la Force régionale et du mécanisme ad hoc de vérification, avec la collaboration de la Monusco » dans les 5 jours, ajoute le communiqué.
Le compromis de Luanda prévoit par ailleurs la reprise du « dialogue bilatéral » entre la RDC et le Rwanda en vue de la « normalisation des relations diplomatiques et de la reprise de la coopération » dans les 60 jours.
Le « Mouvement du 23 mars » est une rébellion de Congolais tutsi soutenus militairement par le Rwanda et l’Ouganda (dont le chef de l’Etat Museveni est lui-même tutsi), qui avait été défaite en 2013 par l’armée congolaise appuyée par les Casques bleus de l’ONU. Mais le mouvement rebelle a repris les armes fin 2021, accusant Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements.





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