La République de Guinée abrite les deuxièmes réserves d’or prouvées en Afrique de l’Ouest, a revendiqué son Président, le Général Mamadi Doumbouya, lors d’une rencontre avec les opérateurs locaux du secteur. Excepté le Ghana, dont le lead est incontestable dans l’industrie aurifère de la sous-région, voire, du continent, un quelconque rating est très difficile.
La première difficulté tient au vocabulaire. Pour les experts, une réserve n’est pas simplement la quantité réelle ou estimée d’or présent dans le sous-sol, elle équivaut en général à la partie d’un gisement pouvant être exploitée de façon économiquement viable et rentable. Il va de soi qu’une classification fondée sur ce critère n’a rien à voir avec celle des ressources, une notion qui peut inclure de l’or identifié mais pas encore converti en réserves exploitables.
Par ailleurs, tous les pays ne publient pas leurs réserves ou ne mènent même pas les travaux d’exploration afin d’en saisir l’ampleur. La plupart des données émanent souvent d’organismes internationaux en s’appuyant sur des archives coloniales et ou d’officines privées spécialisées.
Dans les données de l’US Geological Survey, les réserves aurifères du Ghana sont estimées à 1.000 tonnes, ce qui en fait le premier pays de la sous-région. Accra bénéficie d’un socle sectoriel très ancien, avec des mines majeures exploitées par des groupes comme Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti, Perseus Mining ou Asante Gold.
Cette position se lit aussi dans la production. Le Ghana est le premier producteur africain d’or, porté à la fois par les mines indyustrielles et par l’orpaillage artisanal, dont une part croissante est désormais captée par les circuits officiels. Dans un classement ouest-africain des réserves, le Ghana est donc le seul pays dont la première place ne soulève guère de débat.
Mali et Guinée : deux dauphins qui montent
Après le Ghana, le classement se complique. Le Mali est longtemps apparu comme le deuxième poids lourd en Afrique de l’Ouest. L’US Geological Survey retenait encore 800 tonnes de réserves pour le pays dans une estimation qui remonte à 2025.
Même à ce niveau, le Mali reste très bien installé à la deuxième place, d’autant plus que ces chiffres ne tiennent pas compte de réserves éventuelles non identifiées ou de certains projets qui ne sont pas encore des mines.
Quant aux données guinéennes, elles évoquent plus de 700 tonnes de réserves d’or, principalement autour des préfectures de Siguiri, Kouroussa, Mandiana, Dinguiraye et Kankan. Ce chiffre place théoriquement le pays au contact du Mali, mais la prudence reste nécessaire.
La Guinée dispose de mines industrielles importantes, comme Siguiri d’AngloGold Ashanti, et de projets majeurs en développement, comme Bankan de Predictive Discovery. Le pays fait par ailleurs l’objet d’un intérêt croissant des investisseurs miniers, dont les travaux d’exploration pourraient contribuer à affiner l’estimation du potentiel aurifère national. Pendant ce temps, l’exploration a ralenti ces dernières années au Mali, dans un contexte de tensions avec les compagnies sur les règles de partage de la rente minière.
La Côte d’Ivoire, nouvelle place forte aurifère
La Côte d’Ivoire est clairement la puissance aurifère montante. Les données publiques ivoiriennes estiment les réserves d’or à 600 tonnes, ce qui place théoriquement le pays derrière ses voisins malien et guinéen. Abidjan affiche cependant une vague de découvertes de gros gisements, disposant des ressources supérieures à 100 tonnes d’or, comme Koné, Boundiali ou Doropo.
Le Burkina Faso est l’un des grands producteurs d’or de la sous-région, avec une production de plus de 94 tonnes en 2025. Dans des données américaines datant de 2025, la production burkinabè est indiquée, mais sur la colonne des réserves, il est marqué « non disponible.»
Plusieurs compagnies opérant au Faso y déclarent des réserves importantes. West African Resources par exemple, indiquait l’an dernier y détenir 7 millions d’onces, soit environ 218 tonnes. L’affirmation selon laquelle la Guinée abriterait les deuxièmes plus importantes réserves aurifères d’Afrique de l’Ouest confirme surtout l’incertitude qui entoure encore les statistiques minières sur le continent. Qu’il s’agisse de potentiel géologique ou de production, les classements demeurent fragiles poussant les investisseurs à avancer avec beaucoup de précautions.


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