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Responsabilité Sociétale des entreprises : l’Afrique s’engage !!! jusqu’où… ?

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C’est indéniable, l’Afrique s’engage depuis plusieurs années en matière de responsabilité sociétale des entreprises !!! Ces stratégies d’impacts intentionnels articulées aux Objectifs de développement durable dépassent le cadre du mécénat et de la philanthropie.

Par Pierre-Samuel Guedj, Président d’Affectio Mutandi et de la Commission RSE&ODD du CIAN 

Ce n’est pas anodin ni fortuit. Bien évidemment, la prise en compte des enjeux ESG par les bailleurs de fonds publics, depuis la Banque Mondiale et la SFI jusqu’à la Bad, la BOAD ou l’AFD, très vite suivie par les investisseurs privés membres des PRI notamment, y est pour quelque chose. Il était temps de se doter d’une exigence concernant la maitrise des impacts négatifs des activités économiques sur le continent africain.

Opinion de Pierre-Samuel Guedj, Président d’Affectio Mutandi et Président de la commission RSE et ODD du CIAN

De la même manière, la montée en puissance en Europe et dans les pays de l’OCDE de réglementations extraterritoriales exigeantes sur les volets environnementaux, sociaux et droits humains contribue largement au développement de cette Responsabilité sociétale des entreprises, devenue progressivement contraignante. Et la dynamique ne va pas ralentir avec la Directive européenne sur le devoir de vigilance qui va engager les plus de 17 000 entreprises concernées à identifier et gérer leurs risques dans leurs chaînes de valeur, donc, par entrainement sur le continent. C’est le bon moment avec la volonté politique de développer l’industrie sur le continent.

Les entreprises n’ont, ceci dit, pas attendu ces contraintes. Elles déploient depuis deux décennies à minima des politiques d’engagements sociétaux, pour contribuer notamment au développement économique, social et humain dans un environnement sain. Les stratégies RSE et à impacts positifs d’Orange, d’Eramet, d’Eiffage, de Vinci, Bouygues, de la Société Générale, d’Atos, Schneider Electric ou encore Véolia sont bien connues des parties prenantes. Et les entreprises issues du continent ne sont pas en reste bien sûr. OCP, Managem, Cofina, BGFI, Yara Oil et même Dangote pour n’en citer que quelques unes, sont également très actives.

Mais il est intéressant de noter que les organisations patronales africaines s’investissent sur le sujet ! Du Maroc au Bénin, de la Cote d’Ivoire au Gabon ou encore en Tunisie, les initiatives fleurissent, se matérialisant par des chartes, labels, trophées ou encore boîtes à outils RSE pour les PME.

Mais la bascule réelle vient des décideurs publics. Les gouvernements se saisissent du sujet, pour donner une impulsion nouvelle à la dynamique et répondre aux objectifs de développement social et inclusif. Cela répond notamment aux plans nationaux liés aux Objectifs de développement durable développés par ces pays. On note ainsi plusieurs lois RSE en développement au Gabon, en Tunisie, au Togo, au Maroc, ou encore au Cameroun, portant un certain nombre d’exigences notamment en matière de gestion des enjeux ESG et dans la recherche d’impacts positifs.

Même l’Ohada fait de la RSE une priorité et projette d’en faire un Acte Uniforme, ce qui serait, par capillarité géographique, un véritable booster pour la RSE sur le continent. Le Secrétaire permanent précisait d’ailleurs sa vision dans les colonnes d’AFRIMAG : « La prise en considération des enjeux de RSE devenant une condition de la sécurité juridique des acteurs économiques, il en va de la raison d’être de notre organisation de s’en saisir et de l’intégrer dans l’espace juridique de l’OHADA ».

Il faudrait ceci dit que l’impulsion préserve la dynamique originelle de la responsabilité sociétale, l’engagement volontaire et la recherche d’impacts intentionnels, pour que les entreprises conservent l’esprit d’initiative qui les anime dans ces démarches, pour en faire également un facteur de différence et donc de préférence.

Nous sommes sur le continent à l’heure des stratégies nationales RSE, articulant obligations avec dispositif d’incitations, valorisation de l’engagement mais également reconnaissance formelle de ce dernier par une incitation fiscale ou encore une facilitation dans l’accès à la commande publique, que ce soit pour les grandes entreprises ou les PME !!! Retenir le mieux disant sociétal plutôt que le moins-disant financier.

Il s’agirait aussi de booster la visibilité des acteurs concernant leurs engagements sociétaux au titre des ODDs, notamment en les engageant dans un reporting extra-financier plus développé que l’actuelle Note 35 du SYSCOHADA qui reste très confidentielle, cachée dans l’inaccessible liasse fiscale. Les Etats doivent pouvoir à un moment saluer les acteurs engagés, au travers notamment d’observatoires de la RSE, ou encore de labels exigeants

L’Ohada pourrait de la même manière concevoir une plateforme de visibilité valorisant les rapports RSE des acteurs, donnant ainsi à voir les initiatives à impacts et à inspirer les autres acteurs à s’engager.

Et il reste de nombreuses initiatives à concevoir pour engager toujours plus d’acteurs dans toujours plus d’impacts.

Pour l’Afrique, c’est le temps de l’Engagement !!!

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