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Sébastien Couasnet, Directeur général d’Eléphant Vert Maroc S.A. : « A l’horizon 2015, nous projetons d’être présents dans sept pays africains »

  • Spécialisée dans la production et la diffusion de micro-organismes et la mise à disposition de services innovants dans l’agriculture biologique, la société Eléphant Vert a investi dans sa plateforme marocaine de Meknès 53 millions d’euros
  • Elle projette, avec 74 millions d’euros de fonds propres, de faire de même dans sept autres pays africains à horizon 2015
  • Objectifs affichés : être le leader de la bio-agriculture en Afrique et l’un des acteurs clefs de la révolution verte sur le continent
Sébastien Couasnet

Sébastien Couasnet

AFRIMAG : Pouvez-vous nous présenter Eléphant Vert ?

Sébastien Couasnet : Eléphant Vert est une société qui construit tout son capital industriel et d’innovation au Maroc. Nous avons investi 53 millions d’euros dans notre outil de production à Meknès. Nous sommes spécialisés dans la production et la diffusion des micro-organismes dans l’agriculture, à savoir les bio-fertilisants, les bio-stimulants et les bio-pesticides. En complément de tous ces produits, Eléphant Vert propose aux producteurs agricoles un accompagnement unique grâce à des services innovants comme la « Clinique des plantes ». Cette plateforme d’échanges et de partage a une vocation de formation et d’initiation des exploitants agricoles à l’utilisation des micro-organismes et des bio-pesticides. A Meknès, on construit un véritable hub de Recherche & Développement qui nous positionne comme un acteur incontournable dans la recherche biologique appliquée à l’agriculture. Il va permettre de valoriser la recherche aussi bien au Maroc que dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale que nous ciblons aussi dans le cadre de notre stratégie africaine. Notre centre de R&D ne se limite pas à ces régions africaines, il a vocation à aider également les travaux des chercheurs de tout horizon, notamment d’Europe.

Pourquoi le choix du Maroc en Afrique ?

Nos idées autour des intrants biologiques sont nées en Afrique à travers nos différentes expériences professionnelles. Mes collègues et moi – à Eléphant Vert, nous sommes une famille ! – nous avons décidé d’implanter ce projet dans le pays qui fait référence sur le sujet sur le continent, en l’occurrence le Maroc : il a l’une des agricultures les plus dynamiques, sinon, la plus dynamique ! Mais plus que cela : il y a une vision stratégique portée au plus haut niveau et des moyens ! Je pense au Plan Maroc Vert avec 15 milliards d’euros d’investissement sur plusieurs années (Ndlr les dix prochaines années) et à la volonté de S. M. le Roi de faire du Maroc le chef de file du Développement durable en Afrique. Quand plusieurs pays mettent en avant leur agriculture, le Maroc met la volonté et les moyens en face ! Ensuite, le royaume du Maroc est un grand pays producteur des fruits et légumes, premier fournisseur d’Afrique de l’Ouest et un des grands pour l’Europe. Une bonne partie des productions agricoles marocaines sont destinées au marché européen et sont donc soumises à des exigences environnementales et sanitaires qui correspondent aux produits que nous offrons. Le Maroc est un pays stratégique pour nous à plusieurs égards, c’est la raison pour laquelle nous parions sur lui et ses différents atouts pour implanter et développer Eléphant Vert.

Avez-vous une stratégie africaine à partir de votre plateforme marocaine ? Et quels sont les pays africains que vous ciblez aujourd’hui ?

Clairement, nous avons une stratégie et une forte ambition continentale puisque nous nous positionnons comme le leader de la bio-agriculture en Afrique. A partir du Maroc, on se développe dans plusieurs pays d’Afrique. Nous sommes présent au Mali depuis bientôt deux ans, pays où nous construisons une unité de production d’engrais organiques à Ségou. Et en 2015, nous projetons de nous installer dans sept autres pays dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso, le Cameroun, le Kenya et Madagascar. Ces sociétés-là seront des sociétés sœurs d’Eléphant Vert Maroc. Ces « Eléphanteaux » Verts utiliseront les microorganismes produits par notre plateforme de Meknès.

A combien estimez-vous l’investissement dans ces sept pays d’Afrique ?

Pour notre développement dans ces pays sur la période 2014-2016, nous avons un budget d’investissement de 74 millions d’euros en fonds propre.

Vous irez seul dans ces pays ou en partenariat stratégique ?

Nous cherchons à développer des partenariats solides et durables avec des distributeurs de l’agro-industrie, notamment les distributeurs d’engrais et également des producteurs de matières premières, organiques, etc.

Avez-vous trouvé déjà des partenaires ? Et avez-vous déjà sur place du personnel qualifié sur lequel vous pouvez compter pour vous accompagner ou préférez-vous la formation avant de vous y engager ?

Pour la première partie de votre question, je ne peux vous apporter une réponse détaillée dans la mesure où c’est une information stratégique et confidentielle pour le moment. Ce que je peux vous dire à ce stade c’est que les choses avancent très bien et que notre projet a retenu l’attention des acteurs qui comptent !

Pour la deuxième partie de la question, il faut noter que les micro-organismes que nous développons demandent des formations spécifiques. Ensuite, nous devons être en mesure d’apporter une offre de service performante dans le cadre de notre accompagnement de terrain dans tous les pays où on s’implante. C que nous appelons « la Clinique de plantes » dont je vous parlais tout à l’heure. Tout cela demande des compétences et des expertises de haut niveau. A cet égard, nous avons besoin de recruter des ingénieurs agronomes, des techniciens agronomes locaux et nationaux qui connaissent le pays, le terroir et les agriculteurs. Notre rôle sera d’ajouter des formations complémentaires à celles acquises à la base par les ingénieurs agronomes que nous sommes appelés à recruter. On fait des formations également auprès des ONG pour faire diffuser nos nouvelles idées.

Une des raisons du choix de Meknès, c’est qu’Agropolis, le site où nous sommes implantés, est juste à côté de l’Ecole nationale d’agronomie (ENA de Meknès) où sont formés beaucoup de cadres agronomes africains. Quel que soit le pays, Eléphant Vert vise l’excellence et nous voulons attirer les meilleurs !

Pourquoi l’Afrique Centrale avec son énorme potentiel agricole est peu présente dans votre stratégie ?

Peu présente… pour le moment ! J’ai parlé tout à l’heure du Cameroun, un pays que nous ciblons dans cette région et à partir duquel nous allons en Afrique Centrale.

Eléphant Vert Sébastien Couasnet SIAM 2014

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