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Fertilisants, OCP, une croyance en l’Afrique

  • Même si l’intérêt que peut tirer OCP Group du renforcement du partenariat avec les pays africain n’est pas évident, le groupe y croit fermement
  • L’Afrique ne consomme que très peu d’engrais, autour de 10 kilos par hectare contre 200, pour la moyenne mondiale
  • La vision Afrique d’OCP se concrétise de différentes manières, notamment avec des produits spécifiques au marché africain, des usines dédiées, des formations et même un financement adapté

 

Stand de l'OCP au SIAM 2014

Stand de l’OCP au SIAM 2014

L’intérêt qu’a OCP Group pour le continent commence à se traduire en actions concrètes. En effet, le groupe multiplie les partenariats que ce soit en Côte d’ivoire, au Kenya ou au Gabon, mais aussi dans beaucoup d’autres pays africains. L’étendard OCP se déploie, au Bénin, au Ghana, au Nigeria, mais également en Ethiopie.

Sous l’impulsion de son actuel patron, Mostafa Terrab, convaincu du potentiel énorme que recèle le continent, le leader mondial du secteur des fertilisants a mis en place une stratégie axée sur le continent. Dénommée «Vision Afrique», elle veut contribuer à l’amélioration de la production  agricole du paysan africain tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Il s’agit, explique-t-on à l’OCP, “d’une approche intégrée qui consiste à accompagner, dans la durée, le développement agricole du continent”. Cela devrait notamment passer par, au moins, quatre actions concrètes dont certaines sont déjà mises en œuvre.

 Une vision Afrique d’OCP Group

Des engrais “made for Africa”

Les synergies entre OCP et ses partenaires africains ont permis de mener des recherches visant à catégoriser les sols et à développer de nouveaux produits adaptés aux besoins des cultures agricoles. C’est ainsi qu’ont vu le jour la gamme “Teractiv” et les engrais complexes. Faisant partie de la nouvelle marque ombrelle des produits phosphatés, Performance phosphate products (PPP), ces engrais sont enrichis en nutriments tels que le souffre, le magnésium, le calcium, le zinc, etc. Ils offrent des produits adaptés aux carences des sols africains, avec un impact avéré sur les rendements. A titre d’exemple, pour remédier aux déficiences en soufre des sols africains, OCP a développé l’engrais NPS, à base de phosphate et d’azote, enrichi en soufre. Cet engrais a été introduit avec succès au Kenya et en Ethiopie. Le monoamonium phosphate (MAP) soluble est également un engrais de précision, soluble dans l’eau, et particulièrement adapté aux systèmes de micro-irrigation, destiné aux cultures à forte valeur ajoutée. La nouvelle gamme PPP a également été enrichie d’additifs (DCP/MDCP) destinés à la fabrication de compléments pour l’alimentation des animaux d’élevage (bétail et volaille). Utilisé comme source de phosphate et de calcium, le DCP permet le renforcement des os et l’accélération de la croissance des animaux.

Dans un premier temps, le groupe marocain a entamé l’indentification des besoins des fermiers, des sols et des cultures. C’est dans ce cadre qu’entre l’immense projet de cartographie des sols des principales zones de cultures du continent. Cela permettra en effet de  se servir de l’expérience du groupe dans ce domaine au Maroc. Car faut-il le rappeler, au Maroc, la Carte de fertilité des sols, dévoilée lors de la cinquième édition du Salon international de l’agriculture de Meknès de 2012, répond à cet objectif. Aujourd’hui, elle couvre 26 zones opérationnelles, 5,95 millions d’hectares exploitées et 6,78 millions d’hectares de terres agricoles compilées. Pour ce faire, des centaines de tests ont été nécessaires. Au total 533 tests de sols ont été réalisés en 2013, soit le triple de ce qui a déjà été fait une année plutôt. Il s’agit du fruit d’une collaboration entre OCP, le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime (MAPM) et d’un consortium national constitué notamment de l’Institut national de recherche agricole (INRA) et l’Ecole nationale agricole (ENA) de Meknès, chargés de son exécution sur le terrain. Le projet de Carte de fertilité des sols a nécessité une enveloppe de 64 millions de dirhams à laquelle OCP avait contribué financièrement. Comme pour le Maroc également, l’objectif de la Carte de fertilité est triple. Il s’agit d’abord de constituer une base de données géographiques des sols, ensuite de développer une connaissance accrue des sols africains, de leur composition et de leurs besoins en fertilisants et enfin de permettre leur utilisation raisonnée en quantité et en qualité.

Des actions concrètes

 A ceux qui pourraient penser que la stratégie Afrique s’arrête à un vain discours, OCP répond par une série d’actions concrètes entreprises tout au long des ces derniers mois. La dernière, et non moins significative, est sans doute venue de la récente tournée du roi Mohammed VI du Maroc dans plusieurs pays partenaires du royaume chérifien. En effet, une usine de production d’engrais d’1 million de tonnes et consacrée exclusivement à l’Afrique est en construction, dans le gigantesque complexe chimique de Jorf Lasfar, à une soixantaine de kilomètres de Casablanca. Et c’est loin d’être l’unique installation qui concernera l’agriculteur africain. Puisque le leader mondial des engrais, a conclu également un partenariat industriel multidimensionnel avec le Gabon prévoyant entre autres projets la création d’unités d’engrais phosphatés.

Signature d'un partenariat stratégique avec le Gabon

Signature d’un partenariat stratégique avec le Gabon

Il faut rappeler que ces deux annonces succèdent à une série d’initiatives comme l’organisation d’une Caravane OCP à Dakar lors de l’Argus FMB Fertilizer conference 2013. Dans le même ordre d’idée,  est lancé le projet d’organisation de la Caravane OCP dans d’autres pays africains comme la Guinée et le Mali où au total, quelque 3000 petits agriculteurs seront formés.

 Dans un deuxième temps, la vision Afrique consiste à accompagner les agriculteurs par l’accès aux bonnes pratiques agricoles. Cela veut simplement dire qu’OCP entend impulser une vraie dynamique dans les habitudes de consommation des intrants pour l’agriculteur au sud du continent. Cela concerne en premier lieu les engrais, mais cette partie de la stratégie touchera également l’utilisation des bonnes semences, l’accès à l’irrigation, etc.

Une concrétisation de la vision

Deux usines au Maroc et deux autres au Gabon

Le protocole d’accord préliminaire signé en marge de la dernière visite royale au Gabon prévoit la mise en commun des actifs industriels au Gabon et au Maroc. Au Gabon, une unité de production d’ammoniaque à partir du gaz gabonais et une unité de production d’engrais phosphatés seront mises à contribution. Alors qu’au Maroc OCP apportera ses deux unités de production d’acide phosphorique à partir du phosphate marocain et une unité de production d’engrais phosphatés. Ces unités font partie du programme de développement industriel d’OCP. La capacité totale de production des deux complexes intégrés sera de l’ordre de 2 millions de tonnes d’engrais. Plus de 2 milliards de dollars seront investis conjointement dans ces actifs industriels. On estime que cet ensemble industriel aura, à terme, la capacité de couvrir au moins 30% de la demande totale du continent. Les engrais produits seront commercialisés et acheminés depuis le Maroc et le Gabon, à travers des corridors régionaux qui se verront ainsi dynamisés. Le projet permettra la promotion d’une fertilisation raisonnée en Afrique. L’initiative contribuera à la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects au Gabon, au Maroc et dans d’autres pays de la région. Dès sa conception, le projet intégrera fortement la logique environnementale ainsi que des programmes de formation professionnelle ciblés.

Il s’agira aussi dans un troisième et un quatrième volet de la stratégie africaine du groupe marocain de dynamiser la distribution des engrais à l’échelle du continent et le développement de produits adaptés aux sols et aux cultures africaines”.

Selon le management d’OCP, “cette approche est renforcée par la contribution du groupe pour approvisionner le marché par des volumes de production stables d’engrais dédiés aux agriculteurs africains, ainsi que par l’établissement de partenariats forts avec des acteurs d’engrais dans le continent”.

 Dans cet ordre d’idées, le groupe a introduit un nouveau modèle de vulgarisation des bonnes pratiques agricoles «Les Ecoles aux Champs», en Côte d’Ivoire et au Nigeria sur la filière cacao, au Ghana sur la filière maïs et en Guinée sur plus de 10 cultures différentes.

OCP Group a procédé également à l’adaptation de la Carte de fertilité des sols au Mali, en Guinée Conakry et en Ethiopie. Ses équipes ont également conduit des tests agronomiques pour de nouveaux engrais enrichis en Guinée, au Ghana, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Kenya, en Ethiopie, en Tanzanie et au Mozambique.

Autres actions également déployées pour la dynamisation de la distribution des engrais : l’introduction et l’adaptation du modèle «contrats-package» aux distributeurs africains. La signature du 1er contrat-package est prévue pour le 4ème trimestre 2014.

OCP a aussi mis au point des programmes de proximité destinés à l’agriculteur africain pour développer des essais agronomiques des sols avec des partenaires locaux publics. Cette action est appuyée par l’établissement de conventions avec des institutions agronomiques locales pour mieux comprendre les besoins spécifiques des pays (Mali, IRAG au Guinée, CSIR au Ghana, CNRA au Côte d’Ivoire, KARI au Kenya, …)

Pour le maïs, le coton et le cacao africains : Teractiv

MaïsLe groupe OCP a commencé en 2013 avec la Côte d’Ivoire en concevant un fertilisant spécialisé au Cacao, sous la marque Terractiv Cacao. Très vite, d’autres produits ont suivi et plusieurs partenaires ont manifesté un vif intérêt.

C’est en avril 2013 que la première cargaison de 8000 tonnes d’engrais “Teractiv Cacao” a été livrée à la Côte d’Ivoire, leader mondial sur le marché du cacao, dont la culture représente 40% du PIB agricole. Par ailleurs, quelque 2000 tonnes ont été également livrées au Nigeria.

Le Ghana, deuxième producteur mondial, a manifesté son vif intérêt quant aux performances de Teractiv Cacao, notamment pour pallier à la dégradation des sols, l’un des facteurs qui tirent la production ghanéenne de Cacao vers le bas.

Le Benin a pour sa part reçu environ 3000 tonnes de Teractiv Coton. Quant au Kenya, gros producteur de maïs, il a décidé depuis 2008 d’intervenir sur la chaine de distribution des engrais, dans le cadre d’un partenariat public/privé destiné à faciliter l’accès des agriculteurs aux fertilisants, ouvrant la voie à la commercialisationde Teractiv Corn. Ce programme qui couvre plus de 2,5 millions de paysans a ainsi permis d’augmenter sensiblement la consommation d’engrais dans ce pays pour atteindre une moyenne de 25 kg/ha/an, niveau largement supérieur à la moyenne continentale. L’Ethiopie lui emboite le pas, avec la première introduction dans ce pays de Teractiv Corn.

Développement agricole Engrais Fertilisants OCP Group SIAM 2014

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