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Crédit Agricole du Maroc (CAM) : Rentable tout en assurant le service public

  • Le Crédit Agricole du Maroc montre que la rentabilité n’est pas incompatible avec la mission de service public
  • La banque dégage un bénéfice de 405 millions de dirhams en très forte croissance, grâce en partie à la maitrise des charges
  • La société de financement Tamwil El Fellah et la Fondation Ardi continuent d’accompagner les agriculteurs aux besoins variés

 

Tarek Sijilmassi, PDG du Crédit Agricole du Maroc

Tarek Sijilmassi, PDG du Crédit Agricole du Maroc

Au Maroc, pendant de longues années, les institutions financières spécialisées, étaient sous perfusion, recevant régulièrement des subventions du Trésor public. Mais visiblement, cela relève de l’histoire pour la banque qu’est devenue le Crédit Agricole du Maroc. Cet établissement remplit parfaitement sa mission de service public, tout en étant l’un des plus rentables du secteur, comparativement à son volume d’activités. De plus, l’établissement ne veut pas rater la vague de développement des échanges entre le Maroc et le reste du continent.
D’abord côté rentabilité, le CAM affiche en 2013 un produit net bancaire, c’est-à-dire une marge globale de 2,85 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 171 milliards de FCFA, en croissance de 7% par rapport à 2012.
Cette progression est également perceptible dans sa capacité bénéficiaire qui fait un bon de 26% atteignant 405 millions de dirhams, soit l’équivalent de 24,3 milliards de FCFA de bénéfice net.
Si le PNB s’est amélioré de manière aussi forte, c’est parce que l’ensemble des marges est en hausse. En effet, la marge d’intérêt s’est appréciée de 3%, sans doute à la faveur de la bonne progression des crédits accordés en 2012 et 2013. L’amélioration des offres de services bancaires a également permis à la marge sur commission d’augmenter de 11% en 2013 par rapport à 2012.
Dans le même temps, la banque a mis l’accent sur la maîtrise des charges d’exploitation, ce qui a permis à la marge d’exploitation de progresser beaucoup plus vite que le produit net bancaire. Ainsi, le résultat brut d’exploitation qui était de 1,2 milliard de dirhams en 2012 a atteint 1,6 milliard de dirhams pour l’exercice clôturé au 31 décembre 2013.
Si la banque a pu dégager un bénéfice aussi important, c’est parce que les agriculteurs, ses principaux clients, sont devenus de bons payeurs. En témoignent les créances en souffrance qui ne sont que de 7,7% des engagements du bilan, se stabilisant à un niveau très proche de la moyenne du secteur. Pour le moment, néanmoins, l’accompagnement des petits agriculteurs ne parvenant pas à honorer leurs engagements est un souci permanent de la banque. Ainsi, l’abandon de créances par le Crédit Agricole du Maroc porte sur 765 millions de dirhams. Il s’agit d’un programme supporté à moitié par le Trésor public marocain et à moitié par la banque et bénéficiant aux petits agriculteurs. Ainsi, en 2013, ce sont environ 180 millions de dirhams qui ont été abandonnés, lesquels avaient sans doute fait l’objet de provisions au cours des exercices précédents.
Afin de se prémunir dans le futur contre les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les divers producteurs, le CAM constitue régulièrement des provisions pour risques généraux. Ces dernières ont atteint 550 millions de dirhams, renforçant sa solidité financière et lissant les coups durs qui peuvent survenir d’une année à l’autre. C’est dire que le management du CAM n’a pas uniquement comme souci, la rentabilité immédiate. Il veut également, éviter autant que faire se peut, l’éternel cycle de subventions qui le caractérisait il y a une dizaine d’années encore.
Concernant la mission de service public, la liste des actions entreprises par la banque est très longue. Parmi celles-ci, il y a notamment l’accompagnement de la politique agricole à travers le financement permanent du Plan “Maroc vert”. Là également, en témoignent les récentes conventions signées avec différents acteurs, en l’occurrence les filières oléicoles, laitières ou encore sucrières. Le CAM a même renforcé son offre pour les producteurs de céréales et les producteurs de dattes. Afin de participer à la bancarisation de la population rurale, la banque des agriculteurs a mis en place des agences mobiles couvrant 120 souks hebdomadaires.
Enfin, la Fondation Ardi qui porte les couleurs du CAM est devenue un acteur incontournable dans la micro-finance. Comme le montre l’encours des financements qui s’élève à 232 millions de dirhams, bénéficiant à 106.000 micro-producteurs.
De même, la société de financement, Tamwil El Fellah, continue son extension et a bénéficié à 40.070 acteurs, appartenant majoritairement à des coopératives agricoles. Les crédits distribués durant l’exercice précédent porte sur 484 millions de dirhams.

Crédit Agricole du Maroc Financement agricole SIAM 2014 Tarek Sijilmassi

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