Le Groupe EDK change de braquet. Fondé et dirigé par l’entrepreneur sénégalais Demba Ka, le groupe poursuit sa trajectoire de croissance et entend désormais franchir un nouveau cap dans le paysage économique et industriel sénégalais.
Le groupe vient de bénéficier d’un premier décaissement de 10 millions d’euros auprès des guichets de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, rapporte Confidentiel Afrique.
Cette première tranche s’inscrit dans le cadre d’une enveloppe globale d’environ 25 millions d’euros, objet d’un accord conclu en décembre 2025 à Dakar entre la SFI et le Groupe EDK. Le solde du financement devrait être libéré conformément au calendrier convenu entre les deux parties.
Le sceau de confiance de la SFI
Au-delà du montant, l’opération revêt une portée stratégique pour le Groupe EDK. L’entrée de la SFI dans son tour de table financier constitue un signal fort, dans un environnement économique régional marqué par le durcissement des conditions de financement et une plus grande sélectivité des bailleurs internationaux.
Réputée pour la rigueur de ses procédures et le niveau d’exigence imposé à ses partenaires, la SFI n’ouvre pas facilement ses guichets. Son engagement aux côtés d’EDK vient ainsi consacrer la solidité du projet entrepreneurial porté par Demba Ka et la crédibilité de son modèle économique.
Avec cette nouvelle capacité financière, le groupe entend accélérer sa stratégie de croissance et dépasser progressivement le segment du middle-market. L’objectif est clair : gagner de nouvelles parts de marché et renforcer son empreinte dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie sénégalaise.
Pour EDK, cette première tranche de 10 millions d’euros sonne donc comme un changement de dimension. Le groupe dispose désormais d’un partenaire financier de référence et d’une capacité renforcée pour poursuivre ses investissements.
BSIC Sénégal, le relais décisif dans l’opération Carrefour
Mais derrière cette opération, une autre institution financière a joué un rôle déterminant. Selon une source crédible, BSIC Sénégal, filiale sénégalaise du groupe bancaire Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce, a permis au Groupe EDK de franchir un passage particulièrement sensible de son développement.
La banque a en effet mis en place un financement relais (bridge) ayant permis au groupe de boucler, dans les délais, l’opération de reprise des magasins Carrefour au Sénégal, avant le closing du financement de la SFI.
Cette intervention aura donc servi de passerelle entre l’opération de reprise et la mise à disposition des financements de long terme.
Dans ce montage, le rôle de Sami Gargouri, directeur général de BSIC Sénégal, est présenté comme déterminant. Son implication aurait contribué à instaurer un climat de confiance et à consolider le partenariat entre la banque et le groupe sénégalais.
Cette séquence illustre surtout la capacité d’EDK à mobiliser différents acteurs financiers autour de ses opérations stratégiques, en combinant financement bancaire, ressources internationales et, désormais, marché des capitaux.
30 milliards de FCFA sur le marché régional
Le groupe ne compte manifestement pas s’arrêter là.
Selon les informations de Confidentiel Afrique, EDK prépare actuellement le lancement d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) de 30 milliards de FCFA sur le marché financier régional de l’UMOA.
Le dossier aurait déjà reçu l’aval de l’AMF-UMOA, l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest-africaine. La dernière ligne droite concerne désormais la formalisation des garanties, apportées par des institutions régionales de premier plan, avant le lancement effectif de l’opération auprès des investisseurs.
Cette nouvelle levée apparaît comme un changement d’échelle pour le groupe.
Après les 10 milliards, EDK vise 30 milliards
Ce n’est pas la première incursion d’EDK sur le marché régional. En 2023, le groupe avait mandaté Invictus Capital Finance, arrangeur basé à Dakar, pour structurer son premier appel public à l’épargne, d’un montant de 10 milliards de FCFA.
L’opération, souscrite avec succès, avait permis au groupe de poser les premiers jalons de sa crédibilité sur le marché financier régional.
Trois ans plus tard, EDK revient donc avec une ambition trois fois supérieure.
Pour cette nouvelle opération, le groupe élargit également son dispositif financier. Il s’est attaché les services de MATHA Securities, société de gestion et d’intermédiation (SGI) ivoirienne, reconnue pour son réseau auprès des investisseurs institutionnels.
Le choix d’un arrangeur basé en Côte d’Ivoire n’est pas anodin. Il traduit la volonté d’EDK d’élargir son accès aux investisseurs de l’UEMOA et de renforcer son ancrage sur les différentes places financières du continent.
Le changement de dimension
Entre le financement de la SFI, le relais bancaire de BSIC Sénégal et la préparation d’un APE de 30 milliards de FCFA, le Groupe EDK semble avoir clairement choisi son tempo : accélérer.
L’enjeu dépasse désormais la seule croissance du groupe. En multipliant les sources de financement et en s’appuyant sur des partenaires financiers de premier plan, EDK cherche à se donner les moyens de ses ambitions et à s’imposer durablement parmi les acteurs majeurs du secteur privé sénégalais.
Pour Demba Ka, le message est limpide : après avoir consolidé ses positions, le Groupe EDK veut désormais changer de catégorie.





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