Le chef de l’armée soudanaise, et chef de l’Etat, le Général Abdulfattah Al-Burhan, a nommé ce lundi 19 mai Kamil Idris, ancien responsable de l’ONU et ancien candidat à la présidentielle, au poste de Premier ministre du gouvernement militaire soudanais
Cette nomination installe un Premier ministre pour la première fois depuis qu’un gouvernement composé de personnalités civiles avait été renversé en 2021 par un coup d’Etat militaire.
La nomination de l’ancien haut fonctionnaire des Nations-Unies intervient moins d’un mois seulement après que le chef de la junte de Khartoum a promu le diplomate Dafallah al-Haj Ali au poste de Premier ministre par intérim. Plus tôt dans la journée, le Général Al-Burhan a reconduit Salma Abdel Jabbar Almubarak au Conseil souverain et nommé également Nowara Abo Mohamed Mohamed Tahir au sein de cet organe qui fait aujourd’hui office d’institution-pivot du pays. Un nouveau Premier ministre civil et le remaniement du gouvernement étaient attendus après que l’armée a pris fin mars dernier, le contrôle de Khartoum aux mains des paramilitaires des Forces de réaction rapide (FSR).
Le Soudan est plongé dans une guerre dévastatrice depuis deux ans (ndlr : en avril 2023) entre les deux composantes de l’armée après un désaccord sur l’intégration de forces paramilitaires soutenues par les Emirats arabes-unis, selon Khartoum qui, en riposte, a rompu les relations diplomatiques avec Abu Dhabi. Les deux camps de l’armée soudanaise qui se battent s’étaient alliés lors du coup d’Etat de 2021, qui a fait dérailler la transition démocratique après l’éviction du dictateur Omar el-Béchir en 2019. En deux ans, cette guerre a fait des dizaines milliers de morts civils, et plusieurs centaines de milliers de déplacés internes et vers des pays voisins.


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