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Soudan : La tension persiste malgré l’accord avec la junte  

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Au Soudan, l’accord politique conclu avec les militaires au pouvoir dimanche 21 novembre et qui a rendu son poste au Premier ministre Abdallah Hamdok ne calme pas la contestation.

Par milliers, des manifestants sont sortis dans la rue pour dénoncer cet accord qu’ils qualifient de trahison et demander le départ pur et simple des militaires. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur les milliers de manifestants massés aux abords du palais présidentiel à Khartoum. 
Plusieurs hommes politiques détenus depuis le coup d’Etat militaire du 25 octobre dernier au Soudan ont été libérés au lendemain d’un accord censé relancer la transition.

« J’ai été libéré alors que j’étais détenu à l’isolement depuis le 25 octobre, complètement coupé du monde », a déclaré Omar al-Daguir, chef du parti du Congrès, une des nombreuses formations de la société civile soudanaise à avoir rejeté l’accord avec les militaires. D’autres politiques ont recouvré la liberté à l’instar de Sedig al-Sadeq al-Mahdi, un dirigeant du parti al-Oumma -le plus grand du pays- qui est depuis apparu dans les médias. Yasser Arman également, conseiller de Abdallah Hamdok et figure centrale des Forces de la liberté et du changement (FLC), bloc pro-civil né de la révolte qui a chassé le dictateur Omar el-Béchir du pouvoir en 2019. 
Mais il n’y a toujours aucune nouvelle des dirigeants civils ayant participé avec l’armée aux institutions politiques intérimaires durant plus de deux ans.

Tous avaient été arrêtés à l’aube le jour du coup d’Etat, avant l’annonce par le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, de la dissolution des institutions du pays et de la mise en place de l’état d’urgence.

Le général Burhane, chef de la junte, a renouvelé lundi 22 novembre encore, lors d’une réunion avec l’armée et des paramilitaires, sa promesse de mener le Soudan vers des « élections libres en juillet 2023 », dans ce pays sous dictature militaire quasiment en continu depuis 65 ans. 
Une promesse cosmétique, selon des experts, pour qui le chef de l’armée a réussi, grâce à l’accord signé avec le Premier ministre à consacrer sa mainmise sur la transition, tout en satisfaisant la communauté internationale. 
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège -la manoeuvre sur le dossier soudanais, l’Union africaine-, l’Union européenne ainsi que d’autres pays occidentaux ont salué l’accord, tout comme l’Egypte et l’Arabie saoudite, deux alliés arabes de l’armée soudanaise.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui s’est entretenu avec Burahne et Hamdok lundi, a toutefois réclamé davantage de « progrès » avant de reprendre l’aide financière au pays qui a été suspendue après le coup d’Etat.

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