C’est une augmentation du prix de carburants à la pompe qui a mis le feu aux poudres. Depuis lundi dernier, des violentes manifestations lancées à l’appel des conducteurs de taxi, ont fait 22 morts selon un bilan provisoire annoncé mercredi 30 juillet par le gouvernement qui semble dépassé par l’ampleur que prend ce mouvement
Les troubles ont éclaté lorsque les associations de minibus-taxis ont déclenché une grève de trois jours contre une décision du gouvernement d’augmenter de 30% le prix du diesel, dans le cadre des efforts visant à limiter les subventions coûteuses et à consolider les finances publiques.
Les pillages, les actes de vandalisme et les affrontements avec la police ont commencé dans la capitale, Luanda, puis se sont étendus à d’autres provinces du pays. Un scénario que redoutaient les autorités. Le cabinet du président João Lourenço, s’est réuni d’urgence mercredi 30 juillet, pour «examiner la situation sécuritaire et calibrer la réponse» à apporter à ces manifestations. Un communiqué de la Présidence de la République fait état de 22 morts, 197 blessés et 1214 arrestations. Soixante six magasins et 25 véhicules ont été vandalisés, et des supermarchés et entrepôts ont été pillés, précise le communiqué.
Dans l’accord de prêt conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), l’Angola, un des gros producteurs du pétrole sur le continent, s’est engagé à démanteler progressivement les subventions aux carburants depuis 2023, date à laquelle une précédente hausse du prix de l’essence avait également embrasé la rue. Les subventions ont représenté jusqu’à 4 % du produit intérieur brut (PIB) l’année dernière, selon le ministre des Finances.
Pieter Niesten, gestionnaire de portefeuille pour la dette des marchés émergents chez Neuberger Berman, a déclaré à Reuters que les subventions aux carburants devraient représenter 1,8 % du PIB en 2025. «Les investisseurs et les institutions financières internationales considèrent la réforme des subventions comme une preuve de l’engagement de l’Angola à procéder à des ajustements structurels difficiles,» souligne ce professionnel des marchés.

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