Une semaine après avoir limogé son gouvernement sous la pression de la rue portée par la «GenZ,» le chef de l’Etat malgache Andry Rajoelina a nommé lundi 6 octobre dans la soirée, le général Ruphin Fortunat Zafisambo au poste de Premier ministre. Zafisambo succède à Christian Ntsay dont il était par ailleurs chef du cabinet militaire

Dans une forme de justification de son choix de cet officier, le président malgache a déclaré que «le pays avait besoin d’un Premier ministre capable de rétablir l’ordre et la confiance du peuple.» A ses yeux, ce militaire «à poigne et rigoureux,» comme le décrivent ses proches, serait indiqué pour rétablir le calme et l’autorité de l’Etat, et surtout, rétablir l’approvisionnement en électricité et en eau, priorité absolue des pouvoirs publics.
La «GenZ» réclame la démission du président
Pour l’instant, le limogeage du gouvernement n’a pas apaisé les esprits, et les manifestants entendent maintenir la pression sur le président dont ils réclament la démission. Ils sont retournés dans la rue lundi matin pour une troisième semaine de manifs, a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, rapporte l’agence Reuters. Nombre de jeunes parmi la «GenZ» faisaient partie des étudiants qui avaient manifesté en septembre dernier contre «la corruption, le clientélisme et la mauvaise gouvernance du pays.»
Pauvreté endémique malgré d’immenses ressources naturelles
Inspirées par des marches similaires de la «génération Z» au Kenya et au Népal, la mobilisation actuelle des jeunes malgaches constitue la plus grande vague de protestations de ces dernières années dans le pays, exprimant le désarroi face à la pauvreté endémique et à la corruption. Malgré d’importantes richesses minérales, une biodiversité et des terres agricoles, Madagascar fait partie des pays les plus pauvres de la planète, ayant vu son revenu par habitant chuter de 45 % soixante ans après l’indépendance.
Acculé, le chef de l’Etat malgache semble à court de solution pour l’instant. Dans un communiqué diffusé par les services de la Présidence de la République, Rajoelina assure «être engagé en faveur du dialogue, pour accélérer les solutions qui améliorent la vie quotidienne des gens.» Plusieurs organisations de la société civile avaient rencontré Rajoelina le weekend dernier, sans fournir plus de détails. D’autres ont en revanche décliné l’invitation au dialogue avec le chef de l’Etat au motif que les autorités n’avaient pas fourni d’assurance que les manifestations pourraient se dérouler sans entrave et que les manifestants arrêtés seraient libérés.





Madagascar
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