Le gouvernement tchadien a prévenu les deux opérateurs télécoms du pays, Airtel et Moov Africa, filiale de Maroc Telecom, qu’ils encourent de lourdes sanctions, y compris pénales, s’ils ne se conforment pas d’ici le 5 mai, à l’obligation d’identification de leurs abonnés et clients. Pour les pouvoirs publics, la vente de cartes SIM anonymes constitue une menace directe pour la sécurité nationale, car «elle offre une couverture au terrorisme et aux trafics de toutes sortes ainsi qu’à la criminalité»
L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a adressé cette mise en garde aux opérateurs lors d’une réunion tenue lundi 28 avril. Les principaux organes de sécurité du pays avaient pris part à cette rencontre : l’Agence nationale des titres sécurisés (Anats), l’Agence nationale de sécurité de l’Etat (Anse), la Direction générale du renseignement militaire (DGRM) et la Direction générale des renseignements et investigations (DGRI).
Désormais, l’identification des usagers devient non négociable, prévient le régulateur télécoms. A partir de la fin de l’ultimatum (ndlr : le 5 mai prochain), des contrôles seront déployés afin de s’assurer de la conformité des opérateurs télécoms. «La sécurité prime sur l’aspect économique. Ceux qui refusent de se conformer devront plier bagage», menace Haliki Choua Mahamat, Directeur général de l’Arcep.
Entre janvier 2020 et janvier 2025, le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile au Tchad est passé de 5,94 millions à 14,5 millions. Cela s’accompagne toutefois d’une recrudescence des fraudes exploitant ces canaux de communication, un phénomène observé ailleurs sur le continent. Face à cette menace, plusieurs pays, dont le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Sénégal, ont lancé des campagnes d’enregistrement des cartes SIM visant à désactiver celles non conformes, notamment le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Sénégal.





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