La Francophonie sur le chemin de l’égalité femmes-hommes
Pour une Francophonie qui permette aux femmes de s’épanouir
Les instances de la Francophonie se réunissaient à Kigali du 18 au 20 novembre 2025 pour la 46e Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF). Une séquence marquée par l’adoption par les États et gouvernements membres de l’OIF de l’Appel de Kigali, un texte qui vise notamment à renforcer la participation des femmes à la vie citoyenne et économique et à intégrer l’égalité dans les politiques publiques de l’espace francophone. Toutefois, toute cette dynamique ne doit pas occulter le «travail de fond permanent» des écrivaines francophones chevilles ouvrières de la «promotion de la femme» dans l’espace francophone.
Comme l’a rappelé la Secrétaire générale de l’Organisation

internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, lors de la 46e Conférence ministérielle de la Francophonie, les femmes sont au cœur des préoccupations des politiques menées par ses équipes. Une multitude d’actions et d’initiatives existent : promotion de l’égalité femmes hommes, programme de formation à la participation des femmes à la paix et à la sécurité, soutien à l’éducation des filles, mise en place d’un fonds d’incitation et d’appui à l’autonomisation économique souvent le premier pas vers une liberté individuelle. Point d’orgue de cet événement institutionnel à Kigali, la mise sous les projecteurs de plusieurs jeunes personnalités féminines comme Doussa Khadija Kouyaté, Anna Choury, Nadège Nziza ou Anisha Thaï dans les domaines de la finance climatique, de l’intelligence artificielle, de l’immunologie et des arts. La Secrétaire générale de l’OIF en a aussi profité pour prôner davantage de formation pour les filles et les femmes dans le secteur des nouvelles technologies, notamment de l’intelligence artificielle et une plus grande intégration au sein de cet univers professionnel. Mais si «la meilleure moitié de population» pour reprendre ses mots, joue déjà un rôle important au sein du monde francophone, il convient de ne pas oublier le champ de la littérature qui regorge de radieuses écrivaines qui contribuent à façonner au quotidien les mentalités francophones de demain.
Nathacha Appanah adoubée par ses paires puis par la jeunesse française

L’écrivaine d’origine mauricienne a réalisé en 2025 un joli doublé remportant le Prix Femina décerné par un jury exclusivement féminin puis le «Goncourt des Lycéens» qui s’appuient sur près de 2000 avis de jeunes pour son ouvrage «La Nuit au cœur.» Le grand public français se souvient certainement avec nostalgie des «papiers» de la «dernière de couv» du journal La Croix confiée à la plume acérée de Nathacha Appanah, il y a de cela quelques années déjà.
On notera que sa dernière œuvre traite du terrible sujet des violences conjugales. Une thématique malheureusement universelle qui interpelle intimement les lecteurs. Le succès de l’ouvrage a certainement «bénéficié» aussi de la proximité géographique et émotionnelle des drames et féminicides évoqués, l’un particulièrement médiatisé à Mérignac en Nouvelle Aquitaine et un autre directement inspiré de la vie de l’auteure.
Par ailleurs, il faut souligner que le «Goncourt des Lycéens» a toujours fait preuve d’une ouverture réelle à la Francophonie et ses auteurs. Plusieurs écrivains ont ainsi été couronnés pour des ouvrages empreints de gravité : Ahmadou Kourouma, David Diop, Gaël Faye ou encore Djaïli Amadou Amal. Des plumes dont les écrits balaient la vie de l’espace francophone, son histoire, ses réalités et ses drames parfois atroces. Un petit peu comme si la jeunesse française vivait sa Francophonie par procuration.
Fatou Diome récipiendaire du Prix Richelieu Senghor 2025 pour l’ensemble de son œuvre

C’est à la fois une œuvre, mais aussi une voix que le Cercle Richelieu Senghor a voulu honorer à l’occasion. Si l’écrivaine Franco-sénégalaise, membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, a marqué profondément les esprits au travers de son ouvrage, devenu emblématique «Le ventre de l’Atlantique,» elle a su également par ses prises de parole, franches et sans «langue de bois,»prendre une place singulière dans le débat médiatique français et francophone notamment autour des thèmes des migrations et des identités. Le message de Fatou Diome concerne «la dignité humaine, la responsabilité collective et la solidarité entre les peuples,» sujets qui nous interpellent tous. Le Cercle Richelieu Senghor a souhaité rendre hommage à une personne dont l’œuvre et la vie «illustrent la diversité, la vitalité et l’universalité de la Francophonie.»
La littérature féminine francophone une contribution désormais incontournable au débat civilisationnel
Si de nombreuses écrivaines francophones ont indéniablement une capacité à écrire avec une sensibilité accrue sur des sujets comme l’immigration, les violences faites aux femmes, les coutumes avilissantes, etc., il était pertinent qu’elles puissent disposer d’une structure d’entraide entre paires. Aussi ce sont plus de 200 écrivaines, qui sont réunies au sein du Parlement des écrivaines francophones. La création de cette entité en 2017 répondait à l’appel lancé en 2016 par Fawzia Zouari, journaliste et écrivaine tunisienne aujourd’hui présidente de l’organisation. Le «Parlement» a de multiples ambitions notamment de rendre distincte la voix des femmes écrivaines, de renforcer les liens entre écrivaines où qu’elles se trouvent, de faire reconnaître la place de l’écrivaine dans son pays, de réaffirmer son rôle dans le dialogue civilisationnel, de constituer un trait d’union entre le Nord et le Sud… De biens nobles ambitions qu’il convient d’encourager !




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