Après dix années à la tête de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina est arrivé au terme de son mandat le jeudi 29 mai 2025. Avant de passer le « coffre-fort » de la Banque à son successeur qui sera aux commandes à partir du 1e septembre, il a pris la parole pour la dernière fois aux Assemblées annuelles 2025. Dans son message d’adieu, tenu dans une atmosphère empreinte d’émotion, loin de s’attarder sur ses succès, il a appelé à «continuer à semer les graines d’un présent et d’un avenir meilleurs pour l’Afrique.»
« On ne vit pas sans se dire adieu…sans abandonner pour aller plus loin… » Cet extrait de la mélodie chantée par Mireille Mathieu illustre parfaitement l’histoire d’amour entre la BAD et ce personnage haut en couleur qu’est Akinwumi Adesina qui, pendant une décennie, a donné le meilleur de lui-même pour «hisser la Banque à un niveau supérieur et d’avoir un impact sans précédent.»
Après tant d’années de carrière vouée au service de la BAD, Akinwumi Adesina n’a pas manqué d’être reconnaissant envers les actionnaires, les gouverneurs et les membres des conseils d’administration qui ont veillé «à ce que nous marchions dans la bonne direction.» Sans oublier ses collaborateurs à tous les niveaux qui ont, tels des marins, ajusté et contrôlé habilement «les voiles de notre voilier.»Toute chose qui a permis d’obtenir des résultats probants. Et il a absolument pris beaucoup de plaisir à y travailler d’autant que pour lui, «ce fut le plus grand honneur de ma vie de servir en tant que président du Groupe de la Banque africaine de développement et de servir l’Afrique.»
«Ensemble, rendons le monde meilleur»
Son enthousiasme pour le développement du continent le pousse à cet appel vibrant à l’endroit des 5 000 délégués et participants venus de plus de 91 pays : «ensemble, rendons le monde meilleur. Ensemble, faisons progresser la transformation de l’Afrique.» Cela dit, et sans se laisser aller dans une autosatisfaction avec des bilans chiffrés, il a préféré insuffler un esprit de solidarité et un appel à l’union «autour des opportunités et des défis de l’Afrique, comme les mains autour du baobab.» Tout en se montrant confiant que son remplaçant, Sidi Ould Tah va immanquablement générer une nouvelle dynamique dans la continuité, il ne se doute pas, par ailleurs, que «le rythme palpitant de nos «High 5» continuera à apporter de l’espoir.» «Alors que nous nous tournons vers l’avenir, continuons à soutenir l’Afrique,» a-t-il insisté avant d’inviter à «continuer à semer les graines d’un présent et d’un avenir meilleurs pour l’Afrique.»
A l’endroit des actionnaires qui accompagnent la BAD depuis 60 ans, il leur a demandé de rester davantage unis et à «continuer de nous soutenir.» «Des différences peuvent exister, des priorités peuvent changer,» reconnait-il, «mais autour de l’Afrique, restons unis. L’Afrique mérite votre soutien uni.» Et Adesina d’être convaincu comme jamais que «c’est dans notre unité que réside notre plus grande force.»
«Je chérirai à jamais les moments que nous avons partagés.»
Akinwumi Adesina quitte la présidence de la BAD sur une note positive, après avoir conduit des réformes majeures et renforcé la coopération entre les États membres et les actionnaires. Il n’a pas manqué de rappeler que si les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement sont toujours un moment propice à la réflexion et aux rencontres, elles sont également l’occasion de faire le point sur le travail abattu. Et surtout de discuter des nouvelles tendances en matière de développement et de leur incidence sur l’Afrique. C’est dans ce sens qu’il faut noter l’importance du lancement du Rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2025 et le Rapport sur l’indice de fourniture des services publics en Afrique 2024. A la veille de la clôture de ces Assemblées annuelles, il a été signé aux côtés du ministre des Finances du Nigeria, la prolongation du Fonds spécial du Nigeria pour une durée de 15 ans, par le gouvernement fédéral. Ainsi, le Nigeria accorde gracieusement 500 millions de dollars supplémentaires au Fonds spécial du Nigeria, ce qui constitue une contribution impressionnante. C’est dire comment Akinwumi Adesina s’est donné corps et âme pour la BAD jusqu’aux derniers instants de son départ. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a soufflé un vent positif auprès de l’institution durant cette décennie de Presidence. Quoi de plus normal pour lui de dire : «je chérirai à jamais les moments que nous avons partagés au cours de ces dix dernières années.» (Sic).









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