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Agriculture : La voie marocaine

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Lancé en 2008, le Plan Maroc Vert, une des importantes politiques sectorielles initiées par le Roi Mohammed VI pour faire décoller l’économie marocaine, a permis de faire évoluer le PIB agricole de 7,7% par an, dépassant les 118 milliards de dirhams en 2015 (près de 11 milliards d’euros).

Sa recette : donner la priorité aux investissements à haute valeur ajoutée, capables de positionner le pays sur le marché international, tout en permettant le développement des différentes régions du Maroc en capitalisant sur leurs particularités agricoles. 
A quatre ans de l’échéance du programme, le bilan est, somme toute, très encourageant.

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agricultureLe Salon international de l’agriculture (SIAM) qui ouvre ce mardi 26 avril 2016 à Meknès est aujourd’hui la plus grande vitrine de l’agriculture du Maroc. En 11 ans, le SIAM a su s’inscrire dans le calendrier des rendez-vous incontournables de l’Agriculture. Et ce, aussi bien au niveau national, continental qu’international se hissant au rang de premier salon du Maroc et d’Afrique. La mise en œuvre du Plan Maroc Vert (PMV) lui a conféré une envergure supplémentaire et une visibilité à la hauteur du poids de ce secteur dans l’économie. Celui-ci représente jusqu’à 17 % du PIB et constitue un baromètre de la croissance.

Malgré des obstacles structurels et des résistances au changement, la stratégie de développement définie dans le Plan Maroc Vert est en train d’atteindre sa vitesse de croisière.  Il s’agit d’un bel exemple de constance et de continuité qui assurent le succès d’une politique sectorielle. 

Des objectifs atteints

C’est en avril 2008 que le pays a adopté la stratégie du « Plan Maroc Vert » afin de relancer l’économie du secteur agricole. Cette nouvelle politique a pour finalité la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole du territoire. Lancé par le Roi Mohammed VI, l’ambitieux PMV a pour objectif de faire du secteur agricole un levier prioritaire du développement socioéconomique. Cette stratégie se place dans la continuité de plusieurs chantiers majeurs sur le plan national tels que la création d’emploi, la lutte contre la pauvreté ou la protection de l’environnement.  Adoptant une approche globale, le PMV inclut l’ensemble des acteurs du secteur agricole. Il s’appuie sur un renforcement des investissements et une meilleure intégration des filières en amont et en aval. L’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire et de développer la valeur ajoutée, tout en limitant l’impact des changements climatiques et en préservant les ressources naturelles. Le PMV vise également à promouvoir les exportations des produits agricoles et à valoriser les produits du terroir.

Aujourd’hui, à quatre ans de l’échéance du PMV, l’heure est au bilan. Pour le ministère de l’Agriculture, les avancées enregistrées dans le secteur agricole depuis le lancement du programme en 2008 sont plus que probantes. Le plan passe désormais à la vitesse supérieure. Le PIB agricole s’est nettement amélioré en huit ans en enregistrant une croissance moyenne annuelle de 7,7%. Il a dépassé 118 milliards de Dirhams en 2015 (contre 75 milliards de Dirhams en 2008). Le défi de doubler le PIB agricole à l’horizon 2020 pourrait être relevé avant l’échéance du programme. Le vœu de sortir du schéma de la production brute et de se diriger vers plus de création de valeur se concrétise. D’ailleurs, celle-ci s’est accélérée à 12% du PIB global. Elle culmine à 16% du PIB avec l’industrie agroalimentaire. Cela marque ainsi avec les tendances historiques du secteur où la valeur ajoutée se limitait à 5%. De plus et tout le monde en convient, le secteur agricole constitue un poids économique et social colossal.

La preuve par les chiffres

Premier pourvoyeur en main d’œuvre, plus de 9 millions de ruraux dépendent de l’agriculture. Elle représente ainsi un des enjeux majeurs en termes sociaux, de consommation et de développement durable. Sans oublier sa contribution décisive aux grands équilibres macroéconomiques et la balance commerciale du pays. Le secteur pèse 11% des exportations nationales (19% en y intégrant l’agriculture et la pêche). Selon le ministère de tutelle, le niveau des expéditions agricoles a été boosté de 40% (durant la période 2008-2014), pour atteindre 21 milliards de dirhams en 2014. Après s’être longtemps consacré à la production agricole, cette nouvelle politique sectorielle se penche également sur l’accélération de la valorisation de différentes filières, un des maillons faibles du secteur. L’organisation par filière constitue du coup, la lame de fond de la deuxième phase du PMV. D’où, les contrats-programmes signés entre l’Etat et les interprofessions concernées. Ce qui devait impulser une nouvelle dynamique d’investissement au niveau national. Ce pari stratégique a permis de propulser les investissements publics et privés. Ceux-ci ont été multipliés par 1,9 entre 2008 et 2015, représentant une enveloppe de plus de 96 milliards de dirhams. La hausse notable de l’implication des bailleurs de fonds au financement du secteur agricole (à hauteur de 21 milliards de dirhams) et l’impulsion opérée par l’Etat  à travers le Fonds de développement agricole (FDA) y ont beaucoup contribué. Dans la continuité des projets menés par Feu Hassan II, les mesures du PMV visent également à contrer la raréfaction des ressources hydriques. D’ailleurs, les efforts relatifs à la généralisation des techniques d’irrigation ont permis d’économiser 400 millions de m3, à travers la mise en place de 5 barrages moyens. Mais l’amélioration de la production agricole passe également via l’utilisation des techniques appropriées: mécanisation, engrais, semences sélectionnées et protection des végétaux. D’ailleurs, les premiers signes de la transformation dans le secteur sont déjà visibles dans le secteur. Avec ce niveau, le Maroc rentre dans les standards préconisés par  les normes FAO (Food And agriculture Organization). L’autre pilier cible un développement agressif d’une agriculture à haute valeur ajoutée, dite de niche, accompagné de plans agricoles régionaux. La région de Souss par exemple est la seule au monde où on trouve l’arganier, patrimoine forestier mondial.  D’ailleurs, les efforts déployés en matière de labellisation, de valorisation et de commercialisation ont contribué à la hausse soutenue (x3) des exportations en Argan depuis 2008. Aussi, l’agriculture solidaire a bénéficié d’une attention particulière en ce qui concerne le renforcement des capacités des coopératives agricoles. Vu les avancées réalisées, le programme se consacrera davantage à la pérennisation des projets lancés.

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