La junior minière australienne prévoit de lancer la construction de sa première mine d’or en Guinée dès 2026. Un projet ambitieux, au potentiel économique majeur pour le pays, mais encore suspendu à plusieurs jalons administratifs et financiers

C’est un pas décisif pour Predictive Discovery. Dans une étude de faisabilité définitive publiée le 25 juin, la compagnie minière australienne a annoncé son intention de démarrer les travaux de construction du projet aurifère Bankan, en Guinée, au deuxième trimestre 2026. L’objectif : une mise en production commerciale deux ans plus tard, à l’horizon 2028.
Ce projet représente un tournant stratégique pour l’entreprise, qui ne dispose à ce jour d’aucun actif en production. Avec Bankan, Predictive entend faire son entrée dans le cercle des producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, une région en plein essor minier.
Des indicateurs financiers très solides
Le projet Bankan s’annonce particulièrement rentable. L’étude de faisabilité évoque un investissement initial de 463 millions de dollars US, récupérable en moins de deux ans sur la base d’un prix de l’or à 2400 USD l’once. Mais dans le contexte actuel, ce scénario semble conservateur : le cours de l’or a récemment franchi la barre historique des 3000 USD l’once et se négocie aujourd’hui à 3320 USD, en hausse de 30 % depuis le début de l’année, selon le World Gold Council.
Sur cette base, la rentabilité du projet s’envole. La valeur actualisée nette (VAN) après impôt atteint 1,6 milliard de dollars US, avec un taux de rendement interne (TRI) impressionnant de 46 %. Bankan devrait produire en moyenne 250 000 onces d’or par an pendant plus de 12 ans, pour une production totale estimée à 3,03 millions d’onces – soit 94 tonnes du précieux métal.
Une manne potentielle pour la Guinée
Au-delà de ses enjeux industriels, le projet Bankan pourrait aussi rapporter gros à la Guinée. Predictive prévoit environ 2 milliards de dollars US de recettes pour le pays sur l’ensemble de la durée de vie de la mine. Conformément au Code minier guinéen, 5 % des revenus seront versés au titre de la redevance, et l’État pourra détenir jusqu’à 15 % de participation gratuite dans le capital de la société exploitante.
Ce potentiel fiscal et économique s’inscrit dans la stratégie nationale de valorisation des ressources minières, dans un pays où l’or, le bauxite et le fer constituent les piliers du développement extractif.
Des obstacles à franchir
Malgré cet enthousiasme, plusieurs étapes critiques restent à franchir. D’abord, le financement. Les 463 millions de dollars US nécessaires à la construction de la mine ne sont pas encore levés. Predictive a annoncé vouloir lancer les démarches de financement, mais n’a, pour l’instant, donné que peu de précisions sur la structure envisagée.
Autre défi : l’obtention du permis d’exploitation. Une demande a été soumise au ministère guinéen des Mines en janvier 2025, mais le processus réglementaire suit encore son cours.





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