Banjul, capitale de la Gambie, a abrité, du 04 au 05 mai, le 15ème sommet de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), un regroupement de 57 pays – une sorte de quart-monde – qui, s’il n’était soumis aux pesanteurs politiques et géostratégiques, comme la plupart d’organisations «machin», pouvait constituer une force de frappe économique non négligeable.
A Banjul, les congressistes sont venus, ont vu et sont répartis ! Un sommet très ordinaire, en fait, malgré l’actualité brûlante de la Palestine et la nécessité, pour la Oumma islamique, et plus encore pour la communauté internationale, de redorer leurs blasons ternis par l’offensive, toujours en cours, d’Israël contre Gaza, et de la Russie contre l’Ukraine.
Le Sommet de l’OCI et ses résultats, très en dessous des attentes, ne renseignent pourtant pas sur une organisation qui, formellement, n’a rien à envier à l’Union européenne et même à l’ONU avec des structures (36) dédiées à tous les domaines susceptibles de favoriser l’intégration économique et la concertation politique entre la soixantaine de pays membre de l’Organisation de la Coopération Islamique.
Parmi les organes de l’OCI, la Banque islamique pour le Développement (BID) qui, dès sa création en 1973, affichait une vocation d’être une «banque mondiale» pour les pays musulmans, est celle qui parvient à donner du sens à la mutation de l’OCI de «Organisation de la Conférence Islamique» à «Organisation de la Coopération Islamique.» Passage réussi, à ce niveau, du long cycle des conférences à celui de la coopération. La BID sauve ainsi les apparences en étant le domaine le plus abouti de cette coopération. Elle a pu accélérer la cadence faisant passer son capital initial de 2 milliards de dollars US, en 1992, à 42 milliards en 2005 ! A la clôture de l’exercice 2021, le capital souscrit était de 50,6 milliards de dinars islamiques (70 milliards milliards de dollars US).
Le groupe de la BID est, incontestablement, celui qui donne du sens à la coopération islamique. Le montant total des financements approuvés par le Groupe à la clôture de l’exercice 2022 était de 1,41 milliard de dollars : 578,56 millions par la BID, 4,25 millions par le Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID), 630,2 millions par la SIFC et 40 millions par la SID.
Des investissements dont tirent profit des pays africains comme le Mali (165,4 millions de dollars US, pour le financement de la centrale thermique de Sirakoro), le Burkina Faso (102 millions millions de dollars), pour un projet similaire, le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire parmi les dizaines de pays africains membres de l’OCI.
En réalité, c’est dans son agenda économique et social que l’OCI parvient, heureusement, à sauver la face. Les projets qu’elle finance cachent les ratés politiques et géostratégiques de l’organisation comme ce Sommet de Banjul auquel seuls quatre chefs d’Etat ont pris part.
En dehors de la coopération économique, l’OCI flanche souvent en ne parvenant pas à capitaliser sur sa force comme regroupement stratégique dont les 57 membres actuels se trouvent principalement en Afrique du Nord, en Asie du Nord et en Asie du Sud. Ensemble, ces pays couvrent un territoire de 31,56 millions de km² et comptent environ 1,98 milliard d’habitants, soit 24,91 % environ de la population mondiale. L’OCI, c’est également 15,2% du PIB mondial, en 2020. Elle doit cependant agir efficacement pour promouvoir le commerce intra-OCI.
A l’occasion de son 50ème anniversaire organisé à Riyad fin avril, la Banque Islamique de Développement a annoncé être sur le point d’accorder plus de 500 millions d’euros au continent africain. Autant dire, donc, que si l’OCI continue d’exister, un demi-siècle après sa création, c’est parce qu’elle fait jouer, à fond, la solidarité économique et financière entre les pays qui mettent à disponibilité les fonds (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Kuweit) et ceux qui en réclament.





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