Le Mali change de cap diplomatique en soutenant le plan marocain d’autonomie, au détriment de la République sahraouie et sur fond de tensions avec Alger.
Le Mali a officiellement annoncé, vendredi 10 avril, son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental. Dans le même mouvement, Bamako a décidé de retirer sa reconnaissance à la République sahraouie, revendiquée par le Front Polisario.

L’annonce a été faite à Bamako par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, aux côtés de son homologue marocain, Nasser Bourita, lors d’une conférence de presse conjointe.
Le plan marocain, “seule base crédible”
Dans un document officiel, les autorités maliennes affirment considérer le plan d’autonomie marocain comme «la seule base sérieuse et crédible» pour régler ce conflit vieux de plusieurs décennies. Bamako estime qu’une autonomie sous souveraineté marocaine constitue «la solution la plus réaliste» pour sortir de l’impasse.
Ce positionnement marque une rupture nette avec la reconnaissance antérieure de la «République arabe sahraouie démocratique», désormais abandonnée par le Mali.
Un contexte régional sous tension
Ce revirement intervient alors que les relations entre le Mali et l’Algérie traversent une phase de fortes turbulences diplomatiques. Alger est en effet le principal soutien du Front Polisario, défenseur de l’indépendance du Sahara occidental.
Ce repositionnement de Bamako pourrait ainsi redessiner certains équilibres géopolitiques dans la région.
Depuis près de 50 ans, ce dossier oppose Rabat aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.
Entre autonomie et autodétermination : l’impasse
Le Maroc défend une solution d’autonomie sous sa souveraineté, tandis que le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’Organisation des Nations unies — une promesse inscrite dans le cessez-le-feu de 1991 mais jamais concrétisée.
Plus récemment, le Conseil de sécurité des Nations unies, à l’initiative des États-Unis, a qualifié le plan marocain de solution «la plus réalisable», renforçant ainsi la dynamique diplomatique en faveur de Rabat.
Un basculement stratégique du Mali qui pourrait peser durablement sur l’évolution d’un des conflits les plus anciens du continent africain.





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