Prise entre le feu terroriste et les conséquences de la guerre en Ukraine, l’activité économique est restée contrariée en 2022, alors que l’inflation a enregistré une hausse passant à deux chiffres, selon le compte-rendu du Conseil des ministres tenu hier mercredi 25 janvier.
La croissance économique s’est établie à 2,7% en 2022, contre 6,9% en 2021. Trop peu par rapport aux défis auxquels est confronté le pays et le rythme de la croissance démographique qui, elle, se situe autour de 3,5-4%.
L’an dernier, l’évolution du PIB a été portée par les secteurs primaire et tertiaire, qui affichent des progressions respectives de 4,9% et 6,3%. Le secteur secondaire, qui avait connu une croissance de 8,3% en 2021, a décroché de 4,3%. Pour le gouvernement, le ralentissement de l’économie est imputable à plusieurs facteurs dont la crise russo-ukrainienne et les tensions géostratégiques. A ces éléments il faut ajouter la persistance des attaques terroristes, le déplacement interne des populations et ses conséquences humanitaires, ainsi que la dégradation du climat des affaires due aux deux coups d’Etat que le pays a connus en moins d’un an.
L’inflation en forte progression
Dans ce tableau, l’inflation a pris l’ascenseur pour culminer à 14,6% l’an dernier contre 3,9% en 2021. C’est un niveau historique de ces dix 20 dernières années au Burkina Faso malgré la digue du Franc CFA qui limite les effets de l’inflation importée via les cours des prix pétroliers et alimentaires.
La seule éclaircie vient de la mobilisation des recettes du Trésor, en hausse de 16,1% en 2022. D’après le ministère des Finances, les recettes du Trésor au 31 décembre 2022 ont atteint 2 541,9 milliards FCFA, soit 4,23 milliards de dollars, représentant 21,1% du PIB. Concernant la dette, le gouvernement projette l’encours de la dette publique en 2022 à 11,8 milliards de dollars, contre 9,98 milliards à la même date en 2021.
Pour la Banque mondiale, l’économie burkinabé pourrait se redresser à moyen terme et la croissance s’accélérer sous réserve « d’une accalmie des tensions géopolitiques au niveau international, une amélioration de la situation sécuritaire nationale et un climat socio-politique apaisé ». Il reste aussi à espérer le retour des pluies pour relancer le PIB agricole.





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