Plus de 260 sites miniers ont été récemment identifiés et plusieurs tonnes de minerais exportés vers la Chine. C’est le bilan de la campagne de 100 jours consacrée à la recherche des minerais et à leur exportation en toute transparence, clôturée dernièrement par le Chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye. «L’adhésion à l’ITIE [Initiative pour la transparence dans les industries extractives] est une nécessité,» plaide la société civile.
«Si on regarde la production totale, les minerais exploités, la quantité exportée est de 260 tonnes d’améthyste, 172 tonnes de quartz vert et 26 tonnes d’agate. D’autres ne sont pas encore vendus. Il s’agit de 980 kg d’améthyste, 131 kg de coltan, 812 kg de cassitérite, 15 tonnes de berkélium et six tonnes d’agate,» a déclaré le président Evariste Ndayishimiye, dans une conférence de presse, vendredi 14 novembre 2025.
Concernant les entrées, le chef de l’Etat a indiqué que les minerais déjà exportés valent 6.834.000 dollars US tout en précisant que l’argent n’est pas encore arrivé dans la caisse de l’Etat. «Nous vendons très loin, je pense que l’argent nous parviendra bientôt,» a-t-il mentionné, notant que lors de cette campagne 267 sites miniers ont été répertoriés. Ils regorgent, selon lui, une variété des minerais dont le quartz vert, l’agate, le coltan, le cobalt, les terres rares, etc.
D’ailleurs, et cela pour la troisième fois, il a assisté à l’envoi de 15 camions transportant chacun 15 tonnes de minerais vers la Chine. Le chef de l’Etat a souligné qu’en plus de la Chine, le Burundi va exporter en toute transparence ses minerais vers l’Inde pour le titane, les Etats-Unis pour les terres rares et le nickel, etc. Une occasion pour le président Evariste Ndayishimiye de signaler que toutes ces quantités des minerais exportées sont en train d’être exploitées par des coopératives des jeunes.
Réaffirmant que le sous-sol burundais est très riche en minerais, le Chef de l’Etat a souligné néanmoins que certains défis techniques existent dans ce secteur. Nous avons constaté qu’il n’y a pas encore eu des recherches suffisantes sur les minerais. Nous voyons qu’il y en a mais on ne sait pas la quantité et leur valeur.»
Il a précisé que très bientôt des experts internationaux seront au Burundi pour des explorations minières.
L’adhésion à l’ITIE, clé de la transparence
Le manque de transparence, la corruption, l’octroi obscur des marchés, … freine toujours le développement du secteur minier selon Gabriel Rufyiri, Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome). Il félicite le président de la République d’avoir pris la décision de suspendre tous les contrats miniers lors de son accession au pouvoir. Néanmoins, il déplore que cette mesure salutaire n’ait pas trop duré : «vous avez entendu qu’il n’y a aujourd’hui que deux sociétés. Et des sociétés coopératives qu’on ne connait pas. La transparence oblige les sociétés à participer aux appels internationaux.» Et cette transparence passe forcément par l’adhésion du Burundi à l’ITIE. C’est le seul moyen de rendre le secteur minier bénéfique pour le pays.
«L’adhésion du Burundi à l’ITIE est une urgence pour faire bénéficier le pays de son expertise dans le domaine minier et dans le processus de recrutement ou d’attribution des marchés, de traçabilité…»
Gabriel Rufyiri, recommande également la dissociation entre les vrais commerçants et les vrais opérateurs économiques qui ne sont pas en collision avec les politiques.
Il encourage les autorités à poursuivre le processus de demande d’adhésion à cette initiative.
Selon les données de l’Agence de développement du Burundi, le sous-sol regorge une variété des minerais dont l’or, le nickel, le coltan, le cobalt, les terres rares, le cuivre, etc.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Burundi


![Tribune | COP32 à Addis-Abeba : l’Afrique à l’heure du basculement climatique et géoéconomique [ Par Pierre-Samuel Guedj ] Longtemps considérée uniquement comme une victime du dérèglement climatique, l’Afrique entend désormais s’affirmer comme un acteur stratégique des solutions globales : minerais critiques, potentiel solaire, marchés carbone, agriculture régénérative, biodiversité et croissance démographique font du continent l’un des centres de gravité de la géopolitique climatique du XXIe siècle.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Cop-450x240.jpg)


