Dans le compte rendu des consultations au titre de l’article IV de statuts du Fonds publié lundi 30 mars, le gouvernement camerounais a été de nouveau rappelé à l’ordre par le Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods déroule son homélie habituelle sur la nécessité d’en finir avec les subventions aux carburants, percutant le contexte actuel où les prix à la pompe flambent en raison de la guerre au Moyen-Orient
Dans le communiqué du Conseil d’administration du FMI, les administrateurs appellent le Cameroun à poursuivre les efforts visant à renforcer la mobilisation des recettes et à intensifier les initiatives en matière de contrôle des dépenses, d’efficacité des dépenses et de gestion des investissements publics afin de dégager des marges de manœuvre pour les dépenses d’infrastructure et sociales. La finalisation des réformes relatives aux subventions aux carburants est également essentielle.
On peut tout lui reprocher, mais l’Institution de Bretton-Woods est constante dans sa croisade contre les subventions de carburants. Comme il le dit à tous ses membres, le Fonds l’a encore rappelé au gouvernement camerounais : «les effets de la récente hausse des prix du pétrole, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, devraient être contenus à court terme. Les gains de recettes pétrolières devraient être en partie compensés par les subventions accordées dans le cadre du régime des prix administrés, ce qui souligne la nécessité d’adopter un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants, ainsi qu’une aide ciblée aux populations les plus vulnérables afin d’atténuer les risques budgétaires.»
Sur le plan macroéconomique, l’économie camerounaise devrait se redresser pour atteindre 3,3 % de croissance en 2026, grâce à la hausse des investissements publics, tandis que l’inflation devrait reculer à 2,9 %. Le déficit du compte courant devrait se creuser pour atteindre 5,3 % du PIB en 2026, en raison de la baisse des prix du cacao. A moyen terme, avec la concrétisation de la diversification minière, la croissance devrait atteindre 4,6 % et le déficit du compte courant se réduire à 4 % du PIB. Cependant, le resserrement des liquidités et la hausse des taux d’intérêt mondiaux pourraient accentuer les risques de financement au moment où d’importants amortissements de la dette arrivent à échéance.
Le FMI insiste sur la nécessité d’une vigilance constante dans le secteur financier face à l’augmentation des créances douteuses et aux liens entre l’État et les banques. Ils ont appelé à la prudence compte tenu de l’emprise croissante de l’Etat sur le secteur bancaire, et encourage le renforcement de la gouvernance des banques publiques. Par ailleurs, l’accélération des réformes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est essentielle pour que le Cameroun puisse sortir de la liste grise du GAFI. Les administrateurs du FMI ont également souligné que des réformes des entreprises publiques et une transparence budgétaire seront essentielles pour renforcer la résilience des finances publiques.





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