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Casablanca : Le nouveau chantier naval bientôt livré par la SOMAGEC

Nourrissant des ambitions de faire de la destination Casablanca un hub pour la construction de navires, pour ce faire, le Maroc a mis en place une stratégie nationale pour l’horizon 2030. Le nouveau chantier naval casablancais en cours de construction est assuré par le leader marocain des infrastructures portuaires et maritimes, la Société maghrébine de génie civil (SOMAGEC). Elle compte déjà à son actif la construction de la quasi-totalité des ports du Royaume du Maroc et devra servir de locomotive. La livraison de l’infrastructure par la SOMAGEC est imminente.

Roger Sahyoun, Président SOMAGEC Group

Roger Sahyoun, Président SOMAGEC Group

A l’instar de l’automobile ou encore de l’aéronautique, le Maroc tient à se doter d’une industrie navale de pointe à l’horizon 2030. En effet, si le pays a réussi à faire son entrée dans le top 20 mondial des assembleurs automobiles et s’imposer également comme une puissance montante de l’aéronautique, il cherche aujourd’hui à inscrire son nom sur la carte mondiale de l’industrie navale. Pour y parvenir, toute une stratégie nationale est dédiée à ce secteur.

Sur le plan financier, pas moins de 4,5 milliards de dirhams (environ 437 millions d’euros) d’investissement sont prévus d’ici 2030. Cet investissement devra être réalisé par l’État, l’Agence nationale des ports (ANP) et les professionnels dans le cadre du partenariat public-privé. Il faut dire que cette stratégie tombe à point nommé pour capter la demande nationale qui s’adresse à l’étranger car les trois chantiers navals du pays sont saturés. La demande nationale est essentiellement portée par les navires de pêche, et de la Marine Royale. La stratégie gouvernementale à ce niveau vise à renforcer les capacités locales en matière de réparation et de maintenance navales au profit des navires nationaux, mais aussi de gagner une part du marché au niveau régional, voire international.

CHANTIER NAVAL 4Le développement de l’activité de démolition des vieux navires de petit et moyen tonnage, nationaux et en provenance d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord fait partie des projets à moyen terme. Objectif affiché : en faire une source importante d’approvisionnement pour la sidérurgie nationale. Par ailleurs, l’industrie navale ambitionne également de se positionner plus tard sur la niche de la construction des plateformes de forage en eaux peu profondes, destinées à être exportées sur le marché africain. Ainsi, l’enjeu actuel est de se déployer sur de nouveaux sites.

Casablanca montre la voie

Le premier à ouvrir le bal, est le projet de Casablanca, confié par l’ANP, au leader des infrastructures portuaires et maritimes au Maroc, la Société maghrébine de génie civil (SOMAGEC), qui compte à son actif la construction de presque tous les ports dans le pays. Ce nouveau chantier naval du port de Casablanca dont les travaux ont commencé en avril 2015 est à un stade très avancé pour être prêt à l’exploitation prochainement. Selon l’ANP, de part la capacité de sa plateforme élévatrice de 10.000 tonnes, elle lui confère le premier rang sur le continent africain.

CHANTIER NAVAL 2Et ce ne sont pas les arguments qui manquent en faveur du bâtisseur des ports marocains.
“SOMAGEC a une grande capacité de cash-flow sur un projet pareil. Capacité confortée par un indice de confiance élevé. Autrement dit, avant d’être réglée, l’entreprise qui remporte le marché doit pouvoir fournir tout l’équipement entrant dans la construction du chantier naval. Une bonne partie de cet équipement est importée “, souligne Khalid Zroudi, Directeur des travaux à la SOMAGEC. A noter également que ce genre de projet n’est pas courant au Maroc.

Le nouveau chantier naval du port de Casablanca est constitué d’un lot1 et d’un lot2. Pour un début, ce chantier naval est conçu principalement pour l’entretien et la maintenance des bateaux marocains ou étrangers. Mais dans le futur il pourra être converti dans la construction navale. ” Nous prenons en compte cette option dans les travaux que nous menons dans ce chantier naval. Par exemple, dans la cale sèche de 240 mètres linéaires, il y a une porte principale ainsi que deux autres portes intermédiaires pouvant être construites pour séparer la cale sèche en 3 compartiments. Le compartiment de fond sera réservé à la construction et les deux autres pour l’entretien”, nous explique Khalid Zroudi.

SOMAGEC ou le savoir-faire d’un bâtisseur africain

Pour mener à bien ce gigantesque projet, d’une complexité particulière aggravée par la mauvaise qualité géotechnique du sol support, SOMAGEC a su exploiter intelligemment son capital d’ingénierie et son expérience capitalisée à travers ses divers édifices au profit du chantier naval de Casablanca. La mobilisation d’un arsenal de matériels de pointe aussi bien maritime que terrestre avec un appui logistique conséquent, le tout piloté par des compétences techniques dignes de la performance de la qualité des livrables de leur entreprise, est l’une des clés de réussite de ce projet. Ledit projet a connu un développement de partenariats multiformes. Ainsi pour le lot1, SOMAGEC s’est associée avec Atlantic Dredging Maroc et Negri dans le lot2. Pour ce second lot, elle a scellé des partenariats avec des sociétés spécialisées comme le groupe TTS qui a le monopole syncrolift. C’est un système d’élévateurs avec plusieurs treuils synchronisés de chaque côté pour pouvoir mettre les bateaux dans la zone de stockage. D’autres partenaires et non de moindres concourent à la réussite de ce chantier naval aux côtés du maitre d’œuvre. Il s’agit d’Ursa pour la plateforme, d’Afric Levage et Eurogrue pour tout ce qui est manutention. Mais également LPEE et Tectone pour le bureau d’études et le contrôle technique.

CHANTIER NAVAL 3La mobilisation, le dynamisme et l’esprit d’équipe ayant caractérisé les représentants de l’ANP, des bureaux d’études TME, DEKRA et MAPPING est l’une des principales clés de la concrétisation et du succès de ce projet.

Les coûts de réalisation de cet ouvrage est de 1 milliard de dirhams nets pour le lot 1 et 971 millions de dirhams nets pour le lot2. “Notre mission prend fin après les travaux. Mais il est prévu, dans le cadre d’une mission limitée dans le temps, une formation d’une équipe de l’ANP assurée par notre partenaire TTS”, précise Khalid Zroudi. D’autres lots d’équipements sont lancés par l’ANP pour terminer le chantier naval afin qu’il soit exploitable. A cette fin, l’ANP a lancé un appel d’offres international pour la concession du nouveau chantier naval du port de Casablanca, et ce pour une durée de 30 ans. Le concessionnaire aura en charge l’aménagement, l’équipement, l’exploitation et l’entretien du nouveau site naval dans le but de renforcer les capacités du pays en matière de réparation navale, de satisfaire la demande et de diversifier les services offerts aux usagers du port de Casablanca.

Construction navale Ports Roger Sahyoun Somagec

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