Kinshasa a reconduit de trois mois la suspension de l’export du cobalt en espérant contenir la surproduction actuelle de ce minerai stratégique pour batteries de véhicules électriques, une suroffre qui avait fait plonger les cours sur le marché international. A l’origine, cette suspension devait expirer avant-hier dimanche 22 juin
Premier producteur mondial de cobalt, la République démocratique du Congo (RDC) a décrété en février 2025 une suspension de quatre mois de ses exportations, les prix ayant atteint leur plus bas niveau en neuf ans même s’ils ont commencé à se redresser depuis quelques semaines. La suspension des exportations décidées par Kinshasa y est sans doute pour quelque chose. Fin mai, la tonne de cobalt s’échangeait à 33.328,6 dollars, soit 9572 dollars de plus qu’en janvier 2025, mais on est encore loin du record des 52.000 dollars la tonne atteint lors des années 2022.
«La décision a été prise de prolonger la suspension temporaire en raison du niveau élevé et continu des stocks sur le marché,» a justifié l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques dans un communiqué. Elle a cependant laissé entendre qu’elle envisageait d’assouplir cette restriction «dès que possible» en attendant sa levée si les conditions le permettent d’ici le mois de septembre.
Par ailleurs, les autorités congolaises sont en train d’étudier une révision des quotas d’expéditions de cobalt entre les sociétés minières qui opèrent en RDC. Cette redistribution des quotas bénéficie du soutien de la majorité des sociétés minières, dont Glencore, numéro deux mondial de cobalt. Cependant, la position de Glencore diffère de son concurrent et leader mondial, le groupe chinois CMOC, qui presse sans succès, afin que l’interdiction soit levée. Ce que les professionnels des marchés interprètent comme un recul de l’influence chinoise dans les cercles du pouvoir à Kinshasa.





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