Après le Gabon, le Congo-Brazzaville sera le deuxième pays africain à recourir au montage «dette-nature» pour lever des financements sur le marché international. En effet, le gouvernement congolais prévoit de réaliser en 2025, une opération échange dette-nature dont l’objectif est de racheter au moins 126 millions de dollars (environ 79 milliards FCFA) de la dette

L’information a été révélée par le ministre de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Ondaye mardi 10 décembre au cours d’une séance de travail préparatoire à cette opération. Les ONG américaines Wildlife Conservation Society (WCS) et The Nature Conservancy (TNC), présentes à Brazzaville, devraient accompagner le Congo dans cette transaction, aux côtés de Center-view Partners et Cleary Gottlieb respectivement conseillers financier et juridique du gouvernement congolais.
Le Congo-Brazzaville dispose d’immenses ressources en matière de biodiversité avec un territoire à 69% recouvert de forêts. Le pays joue un rôle essentiel dans la séquestration du carbone, absorbant près de 1,2 milliard de tonnes de CO2 chaque année. Le pays revendique également 400 espèces de mammifères, un millier d’espèces d’oiseaux et plus de 10.000 espèces de plantes.
Techniquement, le mécanisme dit «dette-nature», consiste à un pays de céder une partie de sa à une banque ou un investisseur spécialisé qui les remplace par des obligations moins coûteuses, généralement avec l’aide d’une garantie de crédit ou d’une assurance contre les risques d’une banque multilatérale de développement. Avec les économies réalisées, le pays s’engage à financer la conservation de sa biodiversité. En 2023, le Gabon est parvenu à échanger 500 millions de dollars de dette dans le cadre de ce mécanisme.
Au-delà de la volonté de préserver sa biodiversité, l’objectif principal visé par Brazzaville derrière cette conversion de créances est de lisser les échéances des remboursements sur sa dette et de dégager des marges de manœuvre budgétaire. Avec une dette qui équivaut à 99% de son PIB, le Congo-Brazzaville est financièrement étouffé par le service de la dette. La forte baisse des recettes intérieures a d’ailleurs entraîné des retards de paiement cette année, provoquant un abaissement de sa notation par les trois grandes agences de notation financière.





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